8/10Turbulences

/ Critique - écrit par iscarioth, le 10/07/2006
Notre verdict : 8/10 - La compilation d'un dinosaure (Ecrivez votre critique)

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Qu'ont en commun des écrivains comme Robert Louis Stevenson, Rudyard Kipling, Franz Kafka, Ernest Hemingway et Albert Camus ? Le simple fait d'avoir tous rédigé des nouvelles. La nouvelle, c'est une histoire courte pensée pour des adultes (à l'inverse du conte). Le genre est idéal pour les lecteurs peu concentrés, qui se retrouvent face à de petites histoires, au nombre limité de personnages et d'événements.

Bruno Léandri est un visage à rattacher à Fluide Glacial avec autant de force que celui de Gotlib. Depuis 1976, Léandri publie ses nouvelles dans le mensuel. Dans Turbulences, on retrouve une compilation de nouvelles publiées dans Fluide, pour la plupart parues dans les années deux mille. Recueil de nouvelles oblige, Turbulences se caractérise par une grande diversité. Diversité de lieux, de situations, de tons... Léandri donne successivement dans le lugubre (Comme elle veut), le malsain (Cécile et le huis clos), la réflexion critique (Lectrice), voire philosophique (Presque). Les chutes ne sont pas forcément toujours ébouriffantes, mais Léandri trouve souvent de formidables idées, une créativité qu'on aimerait croiser plus souvent, non seulement dans les livres mais aussi au cinéma. Il y a par exemple la nouvelle Souriez, vous êtes filmé, dans laquelle une entreprise se voit contrôlée, dans son immeuble, par un employé enfermé dans le central et qui mène la vie dure à ses collègues en jouant avec le chauffage, la fermeture des portes et l'arrosage anti-incendie.

Difficile de trouver un mot fédérateur, résumant à lui seul la teneur des écrits de Léandri. On peut dire que la majorité de ses histoires donnent dans l'insolite (Western) ou l'absurde (Le dernier con). Le texte présent en quatrième de couverture est totalement représentatif de l'humour et de l'inventivité décalée dont fait preuve Léandri dans ses écrits. Les lecteurs de Fluide le savent bien, chaque nouvelle du moustachu est accompagnée par de traditionnelles illustrations. De ce coté, on retrouve plusieurs pointures telles Blutch, Boucq, Chauzy, Dumontheuil, Ferri, Larcenet, Maëster, Moebius, Relom, Solé ou encore Tardi.


En somme, le problème majeur de Turbulences, c'est celui que l'on retrouve sur toutes les productions d'album de Fluide. Les nouvelles de Léandri, c'est un peu comme les aventures de Pascal Brutal ou les bande dessinées d'Edika. Une de chaque à lire par numéro de Fluide Glacial, c'est un plaisir varié et digeste. Quand ces mêmes histoires sont compilées et enchaînées les unes à la suite des autres, la lecture se fait plus lassante. Cette compilation est donc à réserver aux grands fans de l'auteur.

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