9/10Fight Club

/ Critique - écrit par Aurélie, le 13/09/2004
Notre verdict : 9/10 - Le combat des chefs (Ecrivez votre critique)

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Avant de devenir la petite merveille cinématographique de David Fincher, Fight Club a été un livre. Pour ceux qui ne connaissent que le film, il est temps de vous pencher sur ses origines. Quant aux autres, vous ne pouvez pas passer plus longtemps à coté d'un chef-d'oeuvre tel que Fight Club !

"Laisse moi te parler de Tyler. Tyler dit : les choses que tu possèdes finissent toujours par te posséder. C'est seulement après avoir tout perdu qu'on est libre de faire tout ce dont tu as envie. Le Fight Club t'offre cette liberté."
Le Fight Club, c'est -pour ceux qui ne sont pas entièrement bilingues- un club où l'on se bat, créé par tyler et le héros-narrateur de l'histoire (qui, chose fâcheuse, n'a pas de nom, alors nous l'appellerons Chonchon).
Chonchon travaille dans une entreprise automobile. Son job consiste à aller sur les lieux des accidents, et à calculer si les voitures de la série doivent être rappelées pour modifications. Chonchon n'a pas une vie follement excitante. Toujours entre deux avions, il ne dort plus la nuit. Son remède à l'insomnie : aller dans des groupes de soutien. Là où les gens racontent « petits » problèmes. Cancer des testicules, parasites du cerveau... C'est son truc, à Chonchon. Toutes les nuits, il meurt par proccuration, pour revivre immédiatement après -son somnifère.
C'est ici que Marla Singer rentre en scène. Elle fréquente, comme lui, les groupes de soutien, tous les groupes de soutien (oui, le cancer des testicules aussi). Devant Marla et son imposture, Chonchon se sent observé. C'est sa propre culpabilité qu'elle lui renvoie dans la figure. Alors, il n'y arrive plus. Il ne pleure plus, ne meurt plus, ne dort plus. Jusqu'à ce qu'il se décide à aller lui parler et qu'à la fin du consensus ils se partagent les groupes et les soirs.
Et puis Tyler arrive. Tyler Durden. Fabricant de savon, projectionniste qui insère des images pornos dans des films tous publics. Tyler Durden. Rencontré au hasard d'une plage, c'est lui que Chonchon appellera lorsque son appartement cossu explosera. Et Tyler de demander à son nouvel ami de le frapper. Comme ça, là, pour le fun. Ici naît le Fight Club. Des types qui se retrouvent pour se battre, pour se libérer et devenir quelqu'un, sortir de leur petite vie, de leur quotidien banal, de leur boulot minable et sous-payé.
Puis naît le projet chaos.
La première règle du projet chaos est : on ne pose pas de questions.
Quant à savoir ce qu'il adviendra de Chonchon, Tyler ou Marla, je ne peux que vous conseiller de lire le livre...

Venons en aux faits : oui, Fight Club est une merveille. Chuck Palahniuk a un style inimitable ; il donne à son oeuvre un rythme entêtant de musique punk qui ne peut vous laisser de marbre. Pour sûr, vous en redemanderez même.
D'accord, me direz vous, mais qu'est ce qu'il a de particulier ?
Et bien, il manie à la perfection un vocabulaire acide, créé des ellipses temporelles et des retours en arrière, s'amusant ainsi avec le temps, utilise des phrases récurrentes qui vous rentrent dans la tête comme un refrain, pour créer un texte comme on coud un patchwork. Le résultat atteint des sommets d'esthétisme. Du très joli travail.
Ce charmant méli-mélo est, bien sûr, mis au service du scénario surprenant et dévastateur de Fight Club. Impossible de décrocher, de la première à la dernière page. Ce livre sera certainement l'un de ceux qui vous marquera le plus, pour ne pas dire celui qui vous marquera le plus. Tous les éléments d'un bon bouquin sont réunis sous la plume d'un Chuck Palahniuk virtuose. Il joue sur tous les tableaux, passant de la critique de la société la plus acerbe à l'humour le plus hilarant (oui, il l'a fait, rendre drôle un livre qui parle d'une société au bord du chaos -la notre, vue sous cet angle). A ce propos, la description à laquelle se livre l'auteur de ce monde au bord du chaos amène forcément à réfléchir. Difficile de passer à coté d'une quelconque comparaison avec notre société à nous. Lorsque l'on referme le livre, impossible de penser à autre chose avant quelques instants tellement ceci est si proche de nous, tout en semblant si peu réel...Véritablement hypnotique.

Pour finir, et si vous hésitez encore à lire cette merveille parce que "le film est trop bien !" et que vous avez peur d'être déçu, sachez que la fin est différente et que, adaptation ciné oblige, certains passages ont été supprimés. Donc le livre vous offre du bonheur en plus, à consommer sans modération...

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