9.5/10Xénocide

/ Critique - écrit par Islara, le 30/12/2012
Notre verdict : 9.5/10 - Xénophile ! (Ecrivez votre critique)

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Xénocide
Plus palpitant que jamais !
Si vous êtes un(e) lecteur(ctrice) assidu(e) de Krinein, vous savez déjà que Xénocide est le troisième tome de la quadrilogie d'Ender et que les deux volets qui l'ont précédé, La stratégie Ender et La voix des morts, sont d'excellente facture.

Après l'exceptionnelle surprise que furent les deux premiers tomes, on pouvait légitimement se demander si Xénocide allait tenir la route, maintenir le haut niveau, voire s'il pouvait encore nous surprendre. Mais c'est que Orson Scott Card a plus d'un tour (et surtout de culture) dans son sac. Cet auteur force vraiment l'admiration : faisant preuve de très solides connaissances scientifiques, philosophiques et religieuses (et pas seulement mormonnes), il en use et les manie avec brio dans ses oeuvres, tout en les rendant à peu près accessibles au lecteur. Et c'est probablement avec Xénocide qu'il atteint les sommets de ce jonglage. De ce fait, ce troisième tome s'avère aussi exaltant, palpitant et passionnant que ses prédécesseurs.

D'abord, habilement, il ajoute une nouvelle composante, en l'occurrence asiatique, à son intrigue tout en conservant les personnages précédents. Ensuite, l'histoire devient plus tragique que jamais, les émotions toujours plus fortes. Certaines scènes sont d'une profonde intensité, mêlant à la fois drame et espoir. Les états-d'âme, non plus seulement émotionnels, mais
aussi purement intellectuels, sont toujours aussi justement décrits, même lorsqu'ils concernent le peuple chinois et ses croyances tout à fait particulières et pas toujours compréhensibles pour nos esprits occidentaux. Plus tard, laXénocide
La reine et tant d'autres...
(© blog de thegreensquid)
question de l'intelligence artificielle continue d'être approfondie avec un lien avec le tome 1 que l'on n'imaginait pas venir ; et un nouveau questionnement
presque métaphysique sur l'origine de l'homme ponctue magistralement le tout. S'ajoute en prime toujours de très beaux coups de théâtre dont un particulièrement phénoménal vers la fin. Même le titre choisi par l'auteur est d'une totale richesse par son ambiguïté, car dans l'intrigue, il peut potentiellement s'appliquer à cinq espèces différentes, selon l’interprétation qu'en fera le lecteur !

Par ailleurs les croyants chrétiens, en particulier portugais ou brésiliens, ou simples amateurs de doctrine religieuse, seront stupéfaits de trouver autant de réalisme dans les convictions des personnages, transposés pourtant à une ère très futuriste. Il est rare d'ailleurs de voir autant de religieux dans une oeuvre de science-fiction. C'est donc particulièrement intéressant et même savoureux surtout si l'on est concerné(e).

Enfin, l'on n'oubliera pas que l'oeuvre est une ode remarquable (par sa subtilité non moralisante) au respect de l'autre, à la tolérance et au don inconditionnel de soi. Toutes les formes d'agression de l'autre, par violence physique ou morale, y sont dépeintes avec un réalisme cruel, qui nous montre et fait comprendre tout simplement comment , sans être un monstre, on peut en arriver au crime le plus abject, comment en chacun de nous est tapi la bête qui peut frapper à tout moment. En cela, Orson Scott Card et sa justesse surprennent une nouvelle fois.

Alors ainsi, oui, véritablement, Xénocide continue de hausser la niveau de cette série à part, mais tout à fait convaincante. À noter : de même que pour La voix des morts, on est contraint de lire le tome 4, à savoir Les enfants de l'esprit, car, même si la chapitre est clos, on reste largement sur sa faim.

Xénocide
Lusitania : là où cinq espèces cohabitent. Jusqu'à quand ?
(© Andree Wallin)

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