7/10Wilt

/ Critique - écrit par Kassad, le 10/12/2003
Notre verdict : 7/10 - Wilt 1 (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 4 réactions

Les Monthy Python ne peuvent être qu'anglais, il en est de même pour Tom Sharpe. Je ne sais pas si des études ont été menées sur les causes de cette "british humor" si particulière mais le fait est là, incontournable : les britanniques ont un sens du non-sens insensé. Wilt est l'oeuvre maîtresse de Sharpe et un sommet du burlesque littéraire contemporain. Je me rappelle encore de la tête des gens autour de moi dans le TGV alors qu'incapable de me contenir je pleurais littéralement de rire lors de la lecture de Wilt 2.

Il est presque impossible de résumer un roman de ce type. Sachez tout de même que Wilt 1 commence par les rêves d'absolu d'un professeur de culture générale qui promène son chien... Seulement voila, il y a entre lui et ses glorieuses visions: sa femme. Qu'à cela ne tienne il décide de la tuer. Comme Wilt est un homme consciencieux il commence par s'entraîner...sur une poupée gonflable. Seulement il n'aurait jamais du le faire un jour ou sa consommation d'alcool fut, disons, d'une modération modérée. Wilt 2 est de la même veine : sachez seulement que Wilt héberge, à son insu, une jeune fille au paire qui n'est autre qu'une dangereuse terroriste : comment parviendra-t-il à sauver son domicile d'une destruction quasi-assurée ? Le tome 3 met en scène Wilt avec des policiers zélés, qui le soupçonnant de meurtre sur un étudiant, équipent sa voiture de micros. Mais voila, Wilt travaille aussi sur une base de l'armée de l'air où l'on repère ces émetteurs et on le prend pour un espion soviétique... Au passage vous aurez droit à des appels au secours encodés dans des préservatifs , un crocodile (en caoutchouc) qui subit les derniers outrages, une usine de nourriture pour chiens investie par la police, et tout ce que vous pourriez imaginer après une ingestion massive de psychotrope puissant.

Le plus étonnant dans la série des Wilt est le côté imparable des situations. On ne met pas longtemps à comprendre la mécanique humoristique de Sharpe, en gros tout ce qui peut mal tourner, tourne mal au delà même de toute raison. Cependant, on ne peut s'empêcher d'en rire, j'écris bien d'en rire, pas seulement de sourire avec condescendance devant une farce bien menée. L'empilement des situations toutes les plus abracadabrantes les unes que les autres finit en une construction comique irrésistible. De plus, Sharpe en profite au passage pour critiquer le conservatisme petit bourgeois, en saupoudrant le tout d'un brin de misogynie (assez amusante elle aussi : désolé mesdames) et d'une ironie grinçante vers les cousins d'amériques...

Pour conclure je dirai que si vous êtes dans une période morose, comme c'est souvent le cas en hiver, Wilt pourrait être un bon complément aux suppléments vitaminés et il mettra de la couleur dans votre vie. Attention cependant à ne pas en abuser. Je conseille de lire les tomes en prenant son temps car une répétition trop rapide pourrait finir par lasser et ce serait dommage. Il est aussi à noter, qu'à mon avis Wilt 3 est très nettement au dessous des deux premiers tomes.

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