4/10Le Voyageur imprudent

/ Critique - écrit par CBL, le 25/11/2003
Notre verdict : 4/10 - Il y avait de l'idée... (Ecrivez votre critique)

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La France a compté des grands auteurs de science-fiction dont les écrits n'ont pas pris une ride comme Jules Verne. En plus d'avoir eu le génie d'imaginer des réalisations futures, il a su nous faire rêver et voyager. René Barjavel a essayé de nous faire réfléchir à défaut d'être visionnaire. Ses écrits ont vraiment mal vieilli. Pour preuve, voici Le Voyageur Imprudent.

Pierre Saint-Menoux est un professeur de mathématiques mobilisé durant la seconde guerre mondiale. Au cours d'une campagne, il fait la connaissance de Gaston Essaillon, un éminent scientifique et de sa fille Annette. L'homme lui annonce qu'il a mis au point une substance, la noëlite, capable de faire voyager un homme dans le temps de sa propre vie. Pierre lui servira de cobaye et d'assistant dans ses expériences tout en surveillant de près Annette. La noëlite sera amélioré pour permettre enfin de voyager dans le temps en utilisant un scaphandre recouvert de la substance...

Le livre est divisé en trois parties : l'apprentissage, le voyage entomologique et l'imprudence. L'apprentissage aurait pu être intéressant. Il conte les essais de voyage dans le temps, l'utilisation du vibreur (un appareil qui permet d'être hors du temps) et la découverte de la catastrophe racontée dans Ravage, sa précédente oeuvre. Si certains passages demeurent très bien faits, il n'y a rien de fascinant. En effet, les voyages dans le temps selon Barjavel n'ont rien d'excitants et sont plutôt risible : point ici de vortex, de machines extraordinaires... Plutôt que d'aller visiter des époques passionnantes, Barjavel choisit de réutiliser son livre précédent dont l'argument ne tient pas debout que ce soit d'un point de vue littéraire ou scientifique. Enfin, on ne comprend pas vraiment le rapport entre les expériences menées et le but recherché d'Essaillon : le bonheur de l'humanité.

Le voyage entomologique est le tunnel central du livre. Barjavel nous donne sa vision personnelle de l'humanité dans 100 000 ans et c'est vraiment ridicule. Il s'enfonce de plus en plus dans des trips organiques totalement grotesques. Si Pierre est stupéfait et ému de ce qu'il voit, le lecteur aura plutôt tendance à se marrer. Heureusement, le calvaire prend fin au bout de 70 pages pour déboucher sur la seule partie intéressante de ce livre. Barjavel aborde ici les problèmes de destinée des hommes et de paradoxe temporel d'une façon très classique mais très méthodique. Que se passe-t-il quand on change le passé ? Barjavel essaye de répondre à cette question et s'en sort plutôt bien même s'il finit par aboutir dans une impasse religieuse.
Le livre finit par une note de Barjavel lui-même essayant d'expliquer la fin.

C'est vraiment dommage que l'ensemble du livre n'ait pas été comme la troisième partie. C'est encore plus dommage que le style Barjavel soit aussi hermétique. En plus d'être foncièrement misogyne, il perd son temps à décrire tout ce qu'il n'aime pas chez l'homme dans de longs passages creux. Cela tranche nettement avec les scènes d'action, hachées en un grand nombre de petites phrases souvent très pénibles. Heureusement, le bouquin se finit assez vite et on passe rapidement à quelque chose de plus consistant.

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