7.5/10La Voie du cygne

/ Critique - écrit par Val Lazare, le 07/01/2003
Notre verdict : 7.5/10 - Dans un labyrinthe, pas d'issue de secours. No problem, suivez la voie du cygne. (Ecrivez votre critique)

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Le jeune dauphin du royaume de Lethys fulmine. La Fortune n'est pas avec lui. Au cours d'un tournoi, Antones Daï Nelles, prince de Dvern a été tué. Et voilà que l'ambassadeur du puissant voisin de Lethys demande... exige que Nerio, accompagné d'une suite de treize jeunes garçons et filles, passe les neuf prochaines années à Dvern, pour y faire son éducation.

Bien des années plus tard, un sympathique professeur d'université, Jeophras Denio, effectue des tests sur sa machine volante quand il apprend que sa fille adoptive, la coquine et turbulente Carline, a été arrêtée pour le meurtre du prince Nerio de Lethys, alors en visite de courtoisie à Dvern.

Accompagné du jeune Alexis (tiens, n'était-il pas également le compagnon du beau Jaël de Kherdan ?), Jeophras va obtenir du trouble et évanescent prince de la Petite Dvern, Jaran, de mener une enquête pour disculper sa fille.

Laurent Kloetzer nous gâte avec La voie du cygne, suite des univers de Mémoire Vagabonde. On retrouve donc cette ambiance 18-19e siècle décalée et nimbée d'ésotérisme où la passion républicaine s'oppose au puritanisme impérial, le matérialisme dynamique au dogme unidéiste. Dans l'obsédante cité de Dvern, les âmes viennent se perdre. Et cette fois-ci, c'est au coeur même du pouvoir que l'intrigue se noue. Que s'est-il passé au cours des neuf années où Nerio côtoyait les princes de Dvern, Danill l'ombrageux et Jaran son jumeau, tendre tyran et dealer royal ?

Dans La voie du cygne, ce ne sont plus Noir Désir et la monnaie-drogue de Dvern qui viennent forger l'intrigue mais le jeu de l'oie ! Laurent Kloetzer nous jette à la figure un scénario étonnant. Le Jeu de l'oie a déjà été joué deux fois. Pour sauver sa fille, Jeophras devra remonter la ligne sinueuse de Dvern et de sa fantasque famille princière.

Carline s'est trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Pourquoi Nerio, la comtesse Lara, les princes Danill et Jaran jouaient avec Carline, roturière, au jeu de l'oie, d'habitude réservé aux bambins. Et pourquoi ces sous-entendus au cours de cette étrange soirée ? Vous ne trouverez la réponse qu'en arpentant ce labyrinthe qu'est La voie du cygne.

Justement, pour illustrer son intrigue, Laurent Klotzer a divisé son récit en trois temps : l'enfance des princes, l'enquête de Jeophras et la funeste soirée. Et il s'en sort en équilibriste. Je m'explique. Kloetzer, à mon goût, écrit avec une certaine fragilité. Cette fragilité, qui pourrait lui porter défaut, donne une étonnante sensibilité à son récit (ceci est encore plus flagrant avec Mémoire Vagabonde). Et ce diable de Kloetzer s'en tire avec maestria. Chapeau bas !

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