8/10Le trône de fer T2 - A clash of Kings

/ Critique - écrit par Hugo Ruher, le 21/02/2014
Notre verdict : 8/10 - Westeros calling, to the faraway towns! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Game of Thrones continue à dévoiler des personnages passionnants à qui l'on n'épargne rien et des enjeux grandissants dans ce second tome beaucoup plus épique. Comme son nom l'indique, ce « choc de rois » va faire mal. Très mal.

 Alors, on en est où à Westeros ? Résumé de l'épisode précédent. Le héros hollywoodien, Ned Stark, a quelque peu perdu la tête, comme ça arrive souvent après une décapitation. Les Lannister sont donc plus forts que jamais avec leur nouveau roi, le tout mimi Joffrey qui, du haut de ses 12 ans, a tout d'un petit Pol Pot. Sansa est promise au roi, Arya a disparu, Jon s'entraîne au ski de fond et Daenerys découvre les joies de la maternité avec des dragons.

Donc tout va bien dans le meilleur des mondes si ce n'est que le continent commence à ressembler à un grand stade de foot où personne ne supporte la même équipe. Robb est un peu grognon après l'exécution de son père et entreprend de prendre le pouvoir avec ses alliés du Nord. Stannis, le frère du défunt roi Barathéon, dit que Joffrey est né de l'inceste et, en tant qu'aîné Barathéon, réclame le trône. Son frère Renly dit que Stannis est le plus vieux, mais aussi le plus con et que donc, c'est lui le vrai roi. Et puis pour rajouter au bousin, le vieux Greyjoy qui règne sur les îles de Fer, se dit que tiens, pourquoi pas être roi aussi, c'est le bon moment.

Là si vous avez une carte de Westeros sous les yeux n'hésitez pas à y jeter un coup d’œil pour voir l'étendue du merdier.

Game of Thrones c'est une grande partie de Risk en fait

A la fin du Tome 1, on avait bel et bien compris que la saga ne suivrait pas un schéma narratif classique et que donc, il faudrait s'attendre à tout. Et c'est cette impression d'extrême précarité qui fait la force de ce tome où à tout moment, tout peut basculer. A première vue, les Lannister ont l'air de dominer, mais avec les forces qui sont contre eux, rien n'est moins sûr. La guerre est là et les alliances se font et se défont au fil des relations qu'entretiennent les personnages. Car c'est bien ça le principal moteur de l'histoire : les personnages et leurs décisions individuelles. Comme si l'individu primait au-dessus de tout, indépendamment du contexte, des nécessités objectives et des foules.

Il est d'ailleurs passionnant de voir, par moment, en toile de fond, comment le petit peuple vit cette guerre qu'il n'a pas demandé. Ces quelques incartades qu'on pourrait qualifier de « sociales » ne font jamais l'objet d'une longue analyse, mais sont là, et peuvent être ignorés comme le font les dirigeants.

Tout est donc lié aux personnages, isolés et avec une vision limitée, et c'est particulièrement visible dans les premiers chapitres où une comète apparaît. Un fil directeur où chaque protagoniste a des raisons (souvent légitimes) de croire que c'est un signe dans sa direction. Comme si chacun se croyait au centre de tout alors qu'en réalité, ils n'ont qu'une vision très partielle de la situation.

Le royaume des aveugles

C'est là que le découpage que fait George R.R Martin, avec chaque chapitre correspondant à un personnage se révèle très efficace. En se mettant à la place d'un personnage, on comprend pourquoi il prend une mauvaise décision, pourquoi il ne comprend pas tous les enjeux. C'est particulièrement visible avec Sansa par exemple, qui est un peu... Cruche, disons-le ! Et qui n'appréhende pas de la meilleure manière les événements. On le voit également en ce qui concerne le personnage de Tyrion, qui devient la star. Le lecteur est tenté de s'y attacher car il est très charismatique, intelligent et même parfois... gentil ? C'est difficile à dire dans cette série mais bon... Pourtant, on peut aisément voir pourquoi d'autres protagonistes ont des raisons légitimes de le détester.

L'auteur exploite extrêmement bien ce découpage et nous propose un livre sous forme de patchwork de points de vue, dans lequel même le lecteur a une vision qui ne sera jamais complète.

Une dernière chose : pour un récit de guerre, le nombre de batailles est relativement réduit. La plupart se déroule hors-champ, comme pour dire que finalement, ce qui compte, c'est la manière dont les personnages appréhendent défaites et victoires. Tout ne se joue pas sur le champ de bataille.

Mais on a tout de même une fin épique qui nous fait nous poser une question fondamentale : mais que peut-il bien se passer après ? En tout cas, peu de chances de trouver de la monotonie ou de l'ennui.

Critique Tome 1

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Blue Öyster Cult, La carrière du mal - Interview de Matthieu Bollon et Aurélien Lemant