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4/10Sans aucune nuance - Barbara De Santa Monica

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 09/05/2013
Notre verdict : 4/10 - Comme son titre l'indique. (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Passage obligé de tout blockbuster littéraire ou cinématographique, la parodie ou le pastiche est souvent une bonne manière de prendre la mesure d’un succès ; rien d’étonnant à ce que Fifty shades of Grey n’ait pas échappé à la règle, avec de nombreux titres qui fleurissent des deux côtés de l’Atlantique : simple réécriture de l’histoire ou variations autour du livre original pour en pointer les outrances, des dizaines sont déjà disponibles en librairie ou sur le net.

Parmi elles, Sans aucune nuance prétendument écrit par une certaine Barbara De Santa Monica – notez l’acronyme formé par ses initiales. Ici point de doubles d’Anastasia Steele et Christian Grey, mais plutôt Annie et Benoit Rouge, vieux couple de quadras habitant à Montrouge, dont l’histoire commence au moment où leur libido se révèle passablement émoussée. Annie, échauffée par son amie Cathy – une nympho, comme il se doit – qui lui promet des heures torrides à la lecture de Fifty shades of Grey, et l'assure de relancer par ce biais l’ardeur érotique avec Benoit. Décidant de prendre au pied de la lettre le déroulement du récit d’E.L. James, Annie et Benoit vont revivre toutes les séquences emblématiques du roman : visite au Bricorama du coin (et honte devant la vendeuse qui les voit venir avec leurs gros sabots), déconvenues devant certaines séquences irréalisables (Benoit ne possède pas d’hélicoptère prêt à l’emploi), rires nerveux et incrédulité devant le fameux contrat et l’enchaînement des séquences érotiques (d’autant qu’Annie n’est plus vierge !), déceptions à n’en plus finir devant le manque de moyens financiers et l’incongruité des passages obligés à reproduire…

Ni très drôle, ni très fin, Sans aucune nuance se révèle être une lecture encore plus laborieuse que le roman qu’il moque  – une gageure quand on connait le texte d’origine. L’idée de ce couple se servant du roman d’E.L. James comme d’une thérapie conjugale – occasion de railler l’appellation mummy-porn rongée jusqu’à l’os par les médias gloutons – est en soi plutôt bonne, puisqu’elle vise à pointer les énormités de Fifty Shades et les incohérences psychologiques de deux personnages réduits à pire que des stéréotypes. Hélas, l’auteur rate toute la visée humoristique, c’est lourd au lieu d’être piquant, c’est pathétique au lieu d’être jubilatoire. La faute à un dispositif littéraire traité par-dessus la jambe, et qui donne l’impression d’un roman rédigé à la va-comme-je-te-pousse, qui ne prend pas le temps de s’amuser réellement avec toutes les possibilités parodiques du texte ; ne serait-ce que se demander comment Anastasia qui étudie dans une université prestigieuse peut, à 22 ans, ne posséder aucun ordinateur et n’avoir jamais touché internet, et ce en 2012…

On ne peut que regretter le choix des Éditions Blanche d’avoir préféré mettre en avant  ce Sans aucune nuance dans le but de surfer sur la vague, quand il aurait été plus avisé de remettre en selle une autre comédie romantique BDSM, Le Manoir, d’Emma Cavalier, éditée par leurs soins en août 2011 et passée beaucoup trop inaperçue ; En effet ce roman, par ses qualités d’écriture et de style, son approche fine du BDSM, sous le prisme de la relation amoureuse et du dépassement de soi, est bien plus judicieux dans l’opposition au phénomène 50SOG !

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