Quelle est la meilleure façon de rendre hommage à Julien Gracq si ce n'est en parlant d'un de ses plus grands chefs d'œuvre ? L'âme de ce génie des lettres s'est éteinte le 23 décembre dernier, après une vie à l'image de son tempérament : discrète et distinguée. Il aura nourri plusieurs générations de sa pensée visionnaire et de ses mots au sens hors du temps. Comment ne pas regretter la disparition de ce poète, de ce mystérieux gardien de l'imaginaire, et en somme d'un des plus grands écrivains du XXe siècle ? Du Château d'Argol en passant par Un balcon en forêt, Julien Gracq nous aura offert un univers romanesque à part, mêlé d'enchantement et d'attente subtile, et ouvert à toutes les interprétations. Pour refléter ce style unique et cette poétique du récit, nous avons choisi de vous faire découvrir l'œuvre sans doute la plus représentative de son écriture, à savoir Le Rivage des Syrtes. Teinté de l'influence surréaliste, ce roman publié en 1951 et primé au Goncourt est assurément l'œuvre la plus étudiée et analysée de Gracq car elle nous présente un récit hors du temps, et qui est pourtant totalement ancré dans la philosophie de l'Histoire.
A la suite d'un chagrin d'amour, Aldo demande une affectation lointaine au gouvernement d'Orsenna, et se fait envoyer dans les Syrtes, région plongée dans l'immobilisme et l'ennui. Il devient l'Observateur de l'Amirauté, pôle de surveillance de la mer des Syrtes, chargé de respecter la guerre passive qui dure depuis près de 300 ans entre Orsenna et le Farghestan, contrée qui jouxte les Syrtes. Mais Aldo sent bien que quelque chose se joue autour de ce lieu figé et marqué par la répétition de l'horloge. Il voit les signes d'un destin déjà tout tracé et va devenir le visage de la transgression. Suivant le désir refoulé de tout un peuple, il va se sentir poussé vers cette région interdite. Va-t-il oser remettre en cause 300 ans d'immobilisme ?
Le Rivage des Syrtes est avant tout un roman de l'attente. Gracq nous plonge dans un récit intemporel puisqu'aucun marqueur de temps ne nous permet de nous placer par rapport à l'Histoire. C'est justement grâce à cette absence de temporalité historique que le temps diégétique est d'autant plus important. L'auteur laisse monter doucement l'intensité de son récit, sans rien dévoiler. A l'image d'Aldo, nous ne percevons que des signes, le sens n'est jamais donné mais toujours à chercher entre les lignes. Tout est dans la suggestion, la finesse des mots, la précision des actes. Les descriptions de paysages chez Gracq, largement majoritaires dans le roman, ne sont jamais anodines et s'éloignent totalement du style balzacien. Elles ne servent pas qu'à instaurer un décor mais sont toujours représentatives d'une pensée, se soudent aux personnages, et entretiennent une relation sémiologique fondamentale avec eux. Ainsi, dans les romans de Gracq, tout prend sens car tout est habité. De plus, c'est le même Aldo qui est le narrateur du récit et qui raconte donc son histoire. Cela entraîne une vision différente du texte car lui seul sait ce qu'il a vécu et ce qui est arrivé, et son regard sur son passé laisse inévitablement des indices quant à cette attente de l'Evénement. Au-delà de l'aspect purement romanesque, c'est une véritable philosophie de l'histoire que nous fait voir Julien Gracq. Ce roman illustre magistralement le déclin des civilisations, l'histoire fictionnelle s'inscrivant ainsi dans l'Histoire universelle.
A l'heure où les classiques sont délaissés et reniés de la littérature française par la majorité de la population, il est important de souligner la richesse de certains d'entre eux. Le Rivage des Syrtes fait partie de ces romans qui résistent aux assauts du temps et qui continuent fort heureusement de nourrir l'épanouissement intellectuel de leurs lecteurs. N'oublions jamais cette phrase gracquienne qui pénètre chaque mot pour lui révéler une signification oubliée. N'oublions jamais ce style gracquien qui nous berce de l'attente d'un instant bouleversant. N'oublions jamais cet homme qui, de la hauteur de son talent, savait regarder le monde.
valmont []

Sanctum T.2
Mélusine - Tome 20 - Envoûtement
Récapitulatif du 21/05 au 27/05 - La semaine Krinein
Seven Shakespeare T.1
L'habitant de l'infini T.27
The Walking Dead - Le guide de A à Z
Qui a gagné l'Eurovision ?
Clip du jour : Rocky ground de Bruce Springsteen
La critique du film De rouille et d'os
Le Berceau des Esprits - T.3
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
La critique de Margin Call
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
La kitscherie du vendredi #4 : Tarzan boy
Reprise de poids #65 : le top NME
Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
Séverin - Séverin
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Black Bomb A - Enemies of the state
Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !
Catch - WWE - Over the Limit - 2012
Koh-Lanta 2012 : les stratégies pour gagner
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
Buffy contre les vampires - Saison 3 - Tome 7 - Mauvais sang (I)
Sherman - Tome 6 - Le pardon. Jeannie
7 Dragons
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Les Légendaires Origines - Danaël
Kuroko's Basket T.3
Waltz T.2
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Shin Chan (S2) T.20
Mario Tennis Open - Test 3DS
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






