7/10Les Mots des riches, les mots des pauvres

/ Critique - écrit par Kei, le 30/07/2006
Notre verdict : 7/10 - fort divertissant, en pauvre, se dit rigolo (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 4 réactions

Les solutions... elles existent... il suffit de prendre aux riches pour donner aux pauvres... et vice versa. En temps de paix, par exemple, les riches auront le droit de prendre la sueur au front des pauvres et en temps de guerre les pauvres auront le droit de prendre la place des riches... au front également.

Quoi de mieux pour introduire Les Mots des riches, les mots des pauvres que cette citation de l'éternel Desproges ? Jean-Louis Fournier nous raconte sur un ton léger tout ce qui fait la différence entre Monsieur Riche, Monsieur Pauvre et Monsieur Nouveau Riche. Tout au long des (petits) chapitres de ce livre, sont mis en opposition les différents personnages, à chaque fois sur un thème différent. Les vacances, la langue, la santé sont autant de sujets sur lesquels l'auteur s'amuse.

Tahiti, en pauvre, se dit Palavas-les-flots.

Les mots des riches les mots des pauvres n'est pas une satire sociale. Il ne s'agit que de faire rire, parfois de manière un peu cruelle, parfois avec un arrière goût amer. On pense inévitablement à la bande dessinée de Tronchet, Raymond Calbuth. On y retrouve les mêmes idées, la même manière de traiter le sujet. Les personnages sont tous des caricatures poussées à l'extrême. Le riche est immensément riche, il vit dans son monde et méprise le reste. Le pauvre est littéralement un gros sale, pour qui la culture s'arrête à la télé réalité. Le nouveau riche a les dents qui rayent le plancher, il n'est pas accepté dans le monde des riches, et il ne supporte plus celui des pauvres.

92, en pauvre, se dit neuf trois.

Il est très fortement recommandé d'avoir un sérieux sens de la dérision lorsque l'on aborde ce livre. La frontière entre la critique de la société et un texte comique impliquant des caricatures sociales est fine. Et si l'auteur arrive à montrer que lui ne se prend pas au sérieux, notamment grâce aux nombreuses illustrations, le lecteur peut parfois tiquer sur certains passages.
Et il aurait bien tord ! Pris au second degré, ce livre est un vrai bonheur. Ces personnages dont les traits de caractères nous rappellent parfois une connaissance, parfois un scandale financier, parfois un reportage dans la France "d'en bas", parfois les premières pages de Paris Match ou autres Gala, ont tous un point commun. Ils sont tellement engoncés dans leur milieu social que pour eux tout s'y résume. Et c'est aussi cela qui crée le comique dans ce livre : que les riches pensent que les pauvres ne mangent pas de bonne nourriture parce que leur métabolisme n'est pas capable de l'apprécier, que les pauvres pensent que les riches passent volontiers leur voyage de noces à la fête de la bière. Le décalage entre toutes ces situations, mis en relief par le style de l'auteur fait mouche.


Quand Madame Riche a des flatulences, Madame Pauvre pète.

Si vous avez aimé les bidochons, les bandes dessinées de Reiser et celles de Tronchet, vous adorerez ce petit livre. Il se lit en une heure, et est parsemé d'illustrations qui rappellent à la fois Tronchet et Serre. Une heure passée avec un sourire au lèvres. Priceless comme on dit chez MasterCard.

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