8.5/10Léviathan

/ Critique - écrit par Kassad, le 25/07/2003
Notre verdict : 8.5/10 - Un véritable enchantement (Ecrivez votre critique)

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C'est en suivant les conseils d'un ange que je me suis lancé dans la lecture de mon premier roman de Paul Auster. Romancier américain contemporain (1947-????), il est considéré comme le plus européen de ceux de sa confrérie d'outre-atlantique. Ses écrits, que je caractériserais comme étant de type "philosophique", faute de qualificatif plus approprié, sont un peu "à la Kundera" : des romans où l'histoire et la trame romanesque ne l'emportent jamais sur les réflexions qui se dégagent au cours de la lecture.

Léviathan donc. Brutalement je pourrais le résumer ainsi : Benjamin Sachs, écrivain prometteur de son état, décide de dynamiter toutes les répliques de la statue de la liberté aux Etats-Unis. Le roman commence par la mort de B. Sachs, tué par sa propre bombe, il s'agit alors du récit , par un de ses amis proches, romancier lui aussi (Peter Aaron, en fait le double littéraire de P. Auster), des événements qui ont mené jusque là. Comment un écrivain plein de promesses en est-il arrivé à devenir un terroriste incompris à la petite semaine ?

Comme je le disais dans le préambule, l'histoire n'est finalement pas l'élément le plus important de ce roman. C'est surtout la qualité et la finesse des personnages et des situations qui interpellent. Je dois dire que cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman de cette qualité dans ces domaines là. D'une certaine manière ce roman fait penser à du David Lodge mais la profondeur et la sensibilité en plus.

Une caractéristique de Léviathan : le style du roman change au fur et à mesure de l'évolution de l'intrigue. Les débuts du roman, pour des raisons inexplicables, me font penser à Démian d'Herman Hesse, une espèce de parcours initiatique (la rencontre entre Sachs et le narrateur alias P. Auster ). Puis le parcours prend tour à tour le chemin d'un polar (Sachs et ses bombes), d'une comédie de moeurs (les déboires matrimoniaux et les interrogations existentielles des protagonistes), voire même quelques passages totalement gores et inattendus, en ayant toujours comme liens en philigrane les hasards de la vie, les occasions manquées ou réussies.

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