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7/10Les voluptés d'Emma, Tome 1 : Les débuts - Natasha Walker

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 30/08/2013
Notre verdict : 7/10 - Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes garçons. (Ecrivez votre critique)

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La figure de la couguar en littérature érotique est-elle nécessairement celle d’une femme brushée, aux longs ongles brillants, qui porte des robes ajustées ou des tailleurs stricts tout en sirotant des cocktails rouges en assumant ses pattes d’oie sous son mascara Chanel ? Car cette caricature dont aiment à se gorger les médias – ah vous la voyez tous la blonde peroxydée sein dégagé et cuisse aérée dont raffole les Tellement Vrai de NRJ12 – n’est que ce qu’elle est : une caricature. Comment la dépasser pour lui donner un nouveau visage ? C’est ce à quoi s’est employé Natasha Walker dans ce premier tome des Voluptés d’Emma, sous-titré Les débuts, sous une jolie couverture en lointain rappel de Noire et blanche de Man Ray.

Les débuts, ce sont ceux de la relation cachée d’Emma Benson, trente-deux ans et Jason, le jeune fils de ses voisins, dans la banlieue de Sydney. Emma s’est mariée à David un homme tendre, attentionné mais qui ne comble pas le tempérament à la fois libre et insatiable de sa jeune épouse. Si Emma a pris ce mariage comme une expérience intéressante – après tout une vie plus stable et rangée, pourquoi pas - elle n’a pas renoncé à une vie plus secrète, notamment en gardant Paul son sex-friend, qui n’est rien de moins que celui qui lui a présenté son époux. Mais Emma – qui n’a rien d’une Bovary – sent bien qu’il manque quelque chose pour accompagner ses journées quand elle corrige ses copies et prépare ses exposés dans le jardin de son joli pavillon. Et il y a bien les voisins, un couple au demeurant peu passionnant et manquant cruellement de culture ou de conversation, mais qui ont un fils. Fraîchement majeur, musclé, attirant comme un tabou, excitant en diable.

L’impulsion qui guide Emma vers le jeune Jason répond d’abord à un besoin de jouer, de séduire et braver un interdit… Tout en ayant sous la main un jeune esprit malléable et un corps en pleine explosion qu’il faut éduquer, contenir, former. Autant de tentations qui excitent Emma au-delà du raisonnable. Et de fait, elle va perdre toute raison en draguant Jason et en l’incitant à repousser les limites de ce dont il est capable : faire le mur pour aller voir Emma en pleine nuit, s’adonner à des jeux érotiques en pleine après-midi dans le jardin d’Emma, caresser Jason sous la table lors d’un diner avec David chez les parents du jeune homme… Au-delà des situations dangereusement excitantes qu’Emma met en place pour son propre plaisir, elle est bien souvent envahie d’une culpabilité et d'une prise de conscience, non pas vis-à-vis de son époux… mais plutôt vis-à-vis de Jason. Le garçon est encore adolescent, complètement déboussolé par les ruses et les petits jeux d’Emma et bien souvent, elle se demande si elle n’est pas un monstre de perversité dans sa quête à disposer de ce jeune esprit débordant d’envie et de sève. De fait, cette héroïne tout à tour excite et agace par son comportement parfois egocentré et inconséquent, mais on ne peut que se laisser prendre par sa gourmandise érotique rehaussée par le décor luxuriant de l'Australie écrasée de soleil.

Ce qui donne lieu à une progression de l’éducation de Jason, c’est le fait de retarder au maximum le dépucelage du jeune homme et d'orchestrer une savante montée en puissance de ce moment inévitable. Natasha Walker, si elle use parfois d’une écriture presque trop scénaristique, sait prêter à Emma un art consommé du jeu du chat et de la souris pour disposer de Jason. Jusque dans les séquences où le jeune homme lui échappe et fait soudain preuve d’une forme d’autorité, du moins d’initiative facilement identifiable chez un jeune homme enhardi par le pouvoir que lui prête une belle femme plus âgée et plus expérimentée.  On le découvre assez vite, il est toujours dangereux de jouer à un jeu dont les règles sont connues, mais qu’on ne peut entièrement maîtriser, surtout vis-à-vis de quelqu’un qui se met soudain à tendre vers le chien fou incontrôlable… Grand absent de ce premier tome : l’époux réduit à une ombre fugitive. Ce qui tend à prouver qu’Emma en quelques mois de mariage à peine, a réussi à l’escamoter au point qu’il ne réalise même pas que sa chère épouse s’envoie en l’air à quelques mètres de lui avec un autre homme ! Preuve que les femmes savent mieux tromper ou que la littérature peut tous les miracles ?

Un premier tome très plaisant et prometteur, quoique très court et donc un peu cher pour un nombre de pages aussi vite avalées. Sans doute une simple introduction avant de retrouver quelque chose de plus consistant…

Traduit de l'anglais (Australie) par Sylvie Cohen.

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