8/10Les Enfants de l'esprit

/ Critique - écrit par Islara, le 20/02/2013
Notre verdict : 8/10 - Un excellent épilogue (Ecrivez votre critique)

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Avec Les enfants de l'esprit, nous arrivons à la fin du cycle d'Ender. Ce dernier opus, on l'aborde avec avidité, car tant de questions, pour certaines tragiques et urgentes, sont en suspens. Que sont exactement ces clones de Peter et Valentine, que vont-ils devenir ? Lusitania va-t-elle être détruite par le dispositif DM et avec elle toute la tribu de Rooter et Humain ? Le congrès stellaire saura-t-il un jour que les doryphores n'ont pas été exterminés ? Qui a envoyé la descolada et pourra-t-on les neutraliser ? Jane survivra-t-elle réellement au débranchement de l'intégralité des ansibles ?

À toutes ces questions, sauf une, fort heureusement, nous obtenons des réponses, des réponses détaillées, bien construites, inscrites dans un schéma complexe qui tient le lecteur en haleine de bout en bout. Néanmoins, certaines longueurs finissent parfois par être ressenties sur ces Les Enfants de l'esprit
DR.
éternelles descriptions des états d'âme des personnages. Finit-on par se lasser de ce trait caractéristique de l'auteur dans sa façon d'écrire ou est-ce par que, cette fois, les enjeux des ces descriptions ne sont pas les plus palpitants ? Il n'est pas facile de le savoir après une simple première lecture. Probablement cela tient-il plutôt au second facteur, car si l'on avait dû se lasser, cela aurait été le cas dès La Voix des morts et non au tome 4.

Toutes les réponses sont ainsi données sauf une. C'est à mes yeux l'une des plus grandes déceptions ressenties dans cet opus. Laisser des éléments en suspens, c'est logique, rien ne se finit jamais, la vie et ses problèmes continuent. Mais, là, Orson Scott Card laisse inachevée une quête qu'il a démarrée, et il l'abandonne en plein milieu, à tel point que le lecteur a presque le sentiment de se faire voler la fin. L'auteur aurait-il oublié de finir son livre ? Nous ne sommes pas dans les secrets de sa rédaction donc nous ne pouvons donner aucune véritable explication. Quoi qu'il en soit, sachez, krinautes, que vous risquez une certaine déception de ce côté-là.

Le reste était pourtant si bien mené puis conclu, pas forcément happy end, mais un tantinet quand même, avec une accélération de l'action sur les quatre derniers chapitres. À cela s'ajoutaient, comme à chaque fois, des thèmes de réflexion très forts (pardon, séparation conjugale, face à face avec la mort, évolution du genre humain, apprentissage du contrôle des émotions, sens des croyances religieuses etc...), illustrés par les anciens personnages mais aussi par l'introduction bien pensée, encore et encore, de nouveaux. Ces nouveaux personnages étaient si variés, si étonnants par les grandes connaissances culturelles qu'elles révélaient une fois de plus chez l'auteur, qu'on comprend d'autant plus mal l'amputation finale.

Le livre n'en est fort heureusement pas gâché, le plaisir et l'absorption dans l'intrigue sont intacts, mais au lieu de savourer une formidable apothéose, on découvre seulement une sorte d'excellent épilogue, ce qui n'est déjà pas si mal (euphémisme).  

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