9/10Le jour où j'ai trouvé une vache assise dans mon frigo

/ Critique - écrit par knackimax, le 17/01/2009
Notre verdict : 9/10 - Cowcow (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Beau livre jeunesse qui plaira aussi aux parents imaginatifs et aux êtres sensibles en géneral. Et si après vous soutenez qu'une vache et un garçon ne peuvent pas être amis c'est que vous n'avez pas de coeur ou pas d'imagination.

Il est des jours où l'on ouvre le frigo pour y trouver ce que l'on cherche et parfois le mystère de la vie est beaucoup plus mystérieux qu'il n'y paraît. C'est ainsi qu'un jour où vous cherchez un sandwich au fromage vous pourriez trouver une vache assise dessus. C'est le cas de notre personnage principal. Alors que la relation s'installe entre ces deux êtres de deux mondes bien distincts, la vie finit par les rattraper et les petits garçons comme les vaches grandissent puis partent travailler. Heureusement que les souvenirs continuent d'exister et ce dans la tête de tous les mammifères car cela donne une histoire peu ordinaire et tellement agréable à lire.

L'histoire de ce garçon n'est pas banale et elle s'inscrit tout d'abord dans ce lieu commun de l'ami imaginaire que beaucoup d'enfants recherchent au cours de leurs meilleures années. Devenir ami avec une vache. Pourquoi pas ! La trouver assise dans son frigo. Pourquoi pas ! Il est intéressant de se rendre compte de la maturité avec laquelle l'histoire évolue à partir de cette rencontre simple et non programmée. Il faut dire que la vache en question n'est pas si banale que ça  non plus et le petit garçon possède certaines qualités qui le placent au dessus de la moyenne des autres jeunes hommes de son age. Il parvient par exemple à parler en Meuh Meuh assez rapidement pour nous bluffer d'une page à l'autre. Les deux protagonistes passent leurs enfances ensemble, comme si le temps était suspendu dans l'air de vacances qui règne au cours des trente tableaux que composent cette fresque enfantine pas si innocente que cela.

Lorsqu'on se confronte à la couverture, on aime déjà le style graphique. A la fois tendre et contrasté, ce dernier évolue rapidement au cours des pages vers des périphéries chaudes et parlantes. Cela développe assez rapidement la tendresse que l'on éprouve pour ces deux personnages principaux un peu bancals. L'intégration de zones noires pour y insérer un beau texte blanc dépeint assez simplement et efficacement les images qui y sont aposées.
Le jour où j'ai trouvé une vache assise dans mon
frigo, Stéphane Malandrin - Françoiz Breut
© 2009, éditions Sarbacane
On se demande alors si l'un intègre l'autre plus que l'inverse et c'est le moment de se rendre compte que les deux arts combinés sont parfaitement en adéquation. Le rêve rejoint donc cette belle réalité qu'est la nôtre avec beaucoup de franchise et fait de ce livre un très bon choix pour développer l'imaginaire des enfants tout en posant les limites temporelles de la réalité qui nous rattrape tous... mais pas trop non plus. C'est aussi un excellent choix pour remettre le doigt sur ces circonférences un peu perdues de nos hémisphères cérébraux adultes.

L'un dans l'autre, on découvre beaucoup plus de sensations dans ces situations originales que sont un enfant et une vache à la plage ou encore une vache star de la télé et sa suite de circonstance, que dans une quelconque histoire d'imaginaire délirant. En effet la folie imaginative ne semble jamais atteindre les responsables de cette fable. En colorisant le monde pastel de magnifiques contrastes, ils se dessèchent sur un sujet poétique pour y laisser des vagues de peinture expressionniste. Le visuel en dit incidemment plus long, bien que de manière beaucoup plus évasive et conceptuelle, que si l'on s'attache à la courtoisie des textes qui sont certes amusants mais en comparatif moins savoureux que les croûtes de peinture.  L'humour contenu dans le texte est pourtant primordial à l'équilibre du conte et on peut en déduire que cette fusion graphique est très savamment exploitée à l'avantage des deux sphères de l'histoire.

Il y a donc aussi des livres qu'on ouvre en s'imaginant y trouver un univers fantastique et parfois on y trouve tout ce qu'on pouvait espérer comme présentement, une vache rieuse, un frigo magique, un petit garçon auquel on s'identifie facilement et les couleurs d'un arc-en-ciel particulièrement bien étudié et rendu dans tous ces tableaux qui composent les pages d'un très beau livre. Un bon voyage bien pensé au pays des irréalismes plausibles qui en séduira plus d'un. Une histoire qui prend vie à un certain nombre de niveaux de conscience ne montrant pourtant aucune apparence de subtilité est donc une histoire qui mérite d'être lue et racontée. Très agréable à lire et probablement encore plus à conter, les enfants et leurs parents vont adorer.

A découvrir
Parfum (Le)
Parfum (Le)
Mathieu Gaborit - Interview
Mathieu Gaborit - Interview
Ami retrouvé (L')
Ami retrouvé (L')