4/10Ils sont parmi nous

/ Critique - écrit par Maixent, le 04/06/2008
Notre verdict : 4/10 - Bouh ! (Ecrivez votre critique)

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Un livre poétique à l'atmosphère lourde et angoissante, qui malgré une relative cohérence et un ensemble attirant aura sans doute un peu de mal à trouver son public.

Qu’un éditeur décide de publier un tel ouvrage mérite le respect. Déjà, la poésie n’a pas forcément le vent en poupe et dans un monde où chacun se croit poète, il est difficile de pouvoir se différencier. Alors quand en plus on évoque des fantômes ou autres mystères ésotériques entrecoupés d’images à la Blair Witch, le mouvement en moins, cela révèle d’une véritable gageure.
Sous la forme d’un long poème, l’auteur nous prévient : « ils sont parmi nous ». « Ils », ce sont les fantômes qui à l’instar des sirènes provoquent attirance et effroi.

Fenêtre sur ?
Fenêtre sur ?
Les photos sont très noires, provoquant un sentiment de malaise. Prises dans ce qui ressemble à une fuite, tentant de percevoir ce qui apparaît derrière le miroir, elles laissent libre cours à une imagination angoissée. On traverse des serres étranges, des chambres vides desquelles se dégagent cependant une présence inexpliquée. Quand tout à coup, l’on se retrouve nez à nez avec un squelette, mis en évidence car seul élément du livre en couleur. Un squelette d’un jaune irisé entre des pages noir et blanc ou sépia.

Les mots sont présents. Epars, déconstruits, plus un murmure ou une plainte qu’un texte. Des images angoissantes en ressortent qui rappellent notre attachement à la mort.
« J’ai caché un corps dans un coffre de cette chambre ».
Qui sonnent comme un impact. Une sinistre révélation de l’éternelle dualité entre l’Amour et la Mort.
L'angoisse immortelle de la poupée de porcelaine
L'angoisse immortelle de la
poupée de porcelaine
Dans un récipient rempli de formol, des fœtus ou des monstres. Nos sens ne savent plus très bien à quoi se fier. Dans la nuit noire, un reflet spectral est visible à travers une fenêtre close. Une poupée de porcelaine s’est imperceptiblement déplacée d’une page à l’autre.

L’atmosphère des châteaux hantés est ici très bien rendue. Pas d’humour, on n’est pas dans Buffy contre les Vampires. On est confronté ici à une force angoissante et omniprésente qui vient peut-être de l’extérieur mais plus vraisemblablement de nous-même.

Si l’écriture et les photographies sont de qualité et atteignent leur but, réussissant à transmettre cette atmosphère si particulière, une question se pose. Qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire de ce livre ? Il ne se lit pas vraiment, il ne se regarde pas non plus dans le détail. Peut-être plaira-t-il aux fans du genre ou à des adolescents découvrant le gothique en tentant de s’ effrayer en allant visiter les catacombes.
Sans doute est-il important aussi pour tous ceux qui apprécient l’univers de Gabriel Delmas et qui pourront se retrouver dans Ils sont parmi nous, voyant plus cet ouvrage comme un échantillon de l’auteur faisant partie d’un tout qui prend sens.

Un ouvrage difficile à aborder qui, s’il est réussi, n’en reste pas moins très hermétique.

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