7.5/10Hypothermie

/ Critique - écrit par siduri, le 09/04/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Douche froide ? (Ecrivez votre critique)

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Erlendur, personnage récurent d'Arnaldur Indridason, prend le temps de suivre ses intuitions dans une enquête officieuse qui lui permettra d'affronter ses obsessions

Erlendur a arrêté de vivre suite à un drame survenu alors qu'il était enfant. Il laisse les jours, les gens, les sentiments glisser sur lui : son mariage est un échec, ses relations avec ses enfants sont plus que compliquées et heureusement que son travail lui permet de nourrir ses obsessions. Policier à la brigade criminelle de Reykjavik, il garde toujours sous le coude des dossiers de disparus, certains depuis plus de 30 ans.
Cette quête des absents est interrompue par la demande de Karen. Son amie, Maria, a été retrouvée morte dans son chalet. Un suicide semble-t-il. Pourtant Karen doute et demande à Erlendur de creuser un peu plus.
Sur la foi d'une intuition, ce dernier va se lancer dans une enquête officieuse, cherchant à dérouler les fils de la personnalité  et de l'histoire de la morte.

Ce sixième tome propose aux lecteurs réguliers d'Arnaldur Indridason une vision de son personnage récurent en quête d'apaisement.
Professionnellement, Erlendur profite d'une accalmie pour ressortir de vieux dossiers et tenter d'apporter une réponse à un homme en fin de vie. De même, après des années d'incompréhension, il tente de répondre aux attentes de ses enfants, cherchant par ce biais à consolider des relations fragiles. Enfin, cette enquête qui n'en est pas vraiment une, va lui permettre de répondre à ses propres interrogations et de s'affranchir, avec l'aide de sa fille, d'une trop lourde responsabilité.

Finalement, l'enquête en tant que telle ressemble à un prétexte, celui d'accompagner Erlendur dans une réflexion personnelle. Bien sûr, il fait le boulot, va rencontrer les proches de la morte, pose des questions indiscrètes et arrive à déterrer quelques cadavres, mais dans l'absolu, le lecteur a plus l'impression d'accompagner Erlendur dans son propre cheminement et sa propre réflexion sur les hommes et sur lui-même. Ainsi, on retrouve ce qui faisait déjà le charme de La voix et de La cité des jarres : des personnages ordinaires avec leurs interrogations, leurs envies et leurs travers, dont certains sont à l'origine de drames. Ces personnages combinés avec une description attentive des paysages islandais, des atmosphères, et du temps qui passe, font d'Hypothermie une lecture agréable, centrée sur son personnage principal et sa quête de vérité.

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