8.5/10Harry Potter et le prince de sang-mêlé

/ Critique - écrit par Kassad, le 28/07/2005
Notre verdict : 8.5/10 - Six fois mieux que le précédent ! (Ecrivez votre critique)

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Six fois mieux que le précédent !

Crépuscule

La fin est proche, le ciel s'assombrit, tout comme l'avant dernier tome d'Harry Potter. Mais Harry Potter et le prince de sang mêlé va sans difficulté, j'en suis sûr, pulvériser tous les records de ventes. Dan Brown et son Da Vinci Code n'ont qu'à bien se tenir, le tsunami potterien risque bien, une fois de plus, de tout emporter sur son passage. La tendance initiée dans les trois derniers épisodes, celle d'un discours de plus en plus axé vers les "grands", se confirme plus que jamais en cette fin de saga. Même si le roman reste accessible en double lecture, dont une pour les "petits", c'est définitivement le public adulte qui est visé par ce sixième épisode. Faut il y voir une stratégie marketing ou une évolution logique ?

Temps de guerre

Le retour de Voldemort aux commandes s'affirme tous les jours un peu plus, et c'est sur une réunion entre le premier ministre moldu et le ministre de la magie que s'ouvre ce sixième tome. Tous les jours apportent leur lot de catastrophes et de misère. La guerre entre les mangemorts et les sorciers est maintenant ouverte. Les mesures de sécurité sont poussées à leur maximum autour de Poudlard. C'est dans cette ambiance sombre qu'Harry et ses amis entrent dans leur sixième année. Les temps sont tellements troublés que Dumbledore décide de donner des cours particuliers à Harry Potter, celui que les journaux ne présentent plus que comme "l'élu" qui mettra fin au règne de Voldemort...

Actualité

On le voit rien qu'à la lecture de ce résumé, l'atmosphère générale d'Harry Potter passe de celle du conte pour enfant (par exemple dans le premier tome) à une relecture de l'actualité la plus angoissante. Pendant la lecture il m'était impossible de ne pas penser aux attentats qui se déroulaient à Londres. La tonalité des premières pages, avec la rencontre des ministres, les mesures de sécurité exceptionelles, les "accidents", les complots, est trop proche de celle qu'on trouve dans n'importe quel quotidien de cet été 2005. Autant les premiers tomes étaient des livres d'aventures de jeunesse typiques (centrés autour du héros, de ses amis et de leurs aventures), autant ce dernier tome prend de la hauteur. C'est comme si on assistait à une espèce de zoom arrière. Bien sûr Harry reste au centre, mais le reste de la société prend de plus en plus part à la construction dramatique : il ne s'agit plus simplement de Harry, de ses amis ou de Poudlard mais bien de l'avenir du monde.

Maturité

Je dois dire que les deux derniers tomes m'avaient plutôt déçus. Dans ce nouvel opus, J.K. Rowling prend une nouvelle dimension. L'évolution de son écriture est palpable et Harry Potter et le prince de sang mêlé est pour moi le meilleur, et de très loin, de tous les HP. Il y a comme je le disais une relecture impressionante de la réalité dans ce monde imaginaire, mais il y a aussi une finesse d'analyse des sentiments qui surpasse de loin celles des autres épisodes. Les rapports entre Dumbledore et Harry Potter sont à ce sujet une véritable réussite et marquent le point fort de ce tome.

Cohérence

HP 6 se distingue aussi des épisodes précédents par la cohérence qu'il insuffle à l'oeuvre. Je ne sais pas s'il est vrai que J.K. Rowling avait fini l'histoire dans son esprit avant de passer à l'écriture mais force est de constater que tout s'emboite à merveille, et même mieux que ça. Il y a de nombreux passages faisant référence aux épisodes précédents et qui les mettent en perspective les uns avec les autres. Ce sont, et sans en dire plus, les passages les plus intéressants. C'est d'ailleurs une discussion entre Dumbledore et Harry sur tous ces événements qui forme les pages les plus mémorables de toute la saga : un vrai grand moment de littérature.

Carton presque plein

Presque parfait serais-je tenté de conclure. Presque, parce qu'il reste tout de même quelques lourdeurs dans l'écriture de J.K. Rowling. Tout d'abord les raisons commerciales : pour des raisons purement mercantiles le début du roman rappelle de manière factuelle (il ne s'agit pas ici de la mise en perspective qui vient plus tard dans le roman) les épisodes précédents. Bref tout est fait comme dans une suite de blockbuster hollywoodien pour que le lecteur n'ayant pas lu les 5 tomes précédent ne se retrouve pas perdu (même s'il perdra une grande partie du sel de l'histoire). C'est vraiment pesant par instants. D'autre part, et c'est clair maintenant, J.K. Rowling et la romance ça fait deux. Les histoires de coeur sont nulles, artificielles au possible et on aurait préféré qu'elle n'en parle même pas.

Mais je ne bouderai pas mon plaisir et ne nierai pas non plus que je suis impressionné par la qualité de ce roman qui mélange les aspects amusants (tous les poncifs Potteriens, du match de quiddich aux cours étonnants de sorcellerie, sont bien là) et ceux plus sérieux. La formule est une vraie réussite, j'attend le tome 7 avec une impatience déjà difficilement supportable.

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