5.5/10Harry Potter et l'Ordre du Phénix

/ Critique - écrit par Kassad, le 03/08/2003
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Quelques temps après la folie qui a suivi son lancement, c'est dans le calme relatif que je me suis à mon tour lancé dans le dernier tome des aventures du plus célèbre héros du XXI siècle. Un morceau imposant (plus de 700 pages), de plus en anglais dans le texte (la traduction n'est prévue que pour la fin de l'année 2003), avait de quoi me faire douter. Je n'aurais pas dû. La faiblesse du vocabulaire et un style sans fioritures, le tout mélé à une intrigue au moins aussi développée que celle de Matrix Reloaded, en font un roman que l'on peut lire à la plage sans craindre une migraine atroce.

La construction du roman est sans surprise aucune. Il vous suffit de pratiquer une règle de trois, en vous basant sur les quatre premiers tomes, pour retrouver, à la page près, les inflexions correspondantes de la trame dans ce cinquième opus. En gros :

1- Harry chez ses beaux-parents, il risque de ne pas pouvoir
aller à Poudlard (trop dure la vie).
2- Harry se retrouve chez les Weasley (cools les Weasley).
3- Harry finit quand même par se retrouver à Poudlard (ouf
on a eu peur).
4- Harry commence mal son année (salauds de
serpentards !).
5- Harry est persécuté à tort par des professeurs vraiment
trop injustes (ils comprennent rien ces adultes).
6- Harry est menacé de mort, le reste de l'humanité aussi
du coup (logique).
7- Harry s'en sort et Griffondor est au top (et tout le monde
applaudit le tout dans une mélodie en majeur).

Au bout du cinquième tome, qui suit cette construction de manière quasi mécanique, cela ravira sûrement les afficionados mais pourra aussi finir de saoûler les autres (dont je fais parti en l'occurrence). J'y vois le pendant littéraire de Mac Donald. Une nourriture sans surprises, une hygiène correcte, le tout débouchant sur un produit ultra-formaté sans identité. Car, mis à part le fait qu'Harry ait quinze ans et que cette fois il s'agisse d'un nouveau "truc" à faire pour sauver le monde, on ne peut noter d'évolutions pertinentes par rapport aux versions précédentes.

Revenons au roman. Donc la grande nouveauté est qu'Harry a quinze ans, ses hormones le travaillent. On le voit bougon, s'énervant d'un rien et commençant à sentir les premiers émois de la passion. A ce sujet, et pour ne pas en dire trop, je dirais simplement que le roman ne fait qu'effleurer la vie sentimentale du jeune Potter. Mais c'est un peu à l'image de la sexualité à cet âge-là, si l'on me permet une telle comparaison : souvent pas fait et quand ça l'est, c'est vite fait, mal fait et on n'y comprend rien. La scène de la St Valentin est d'un ridicule achevé et surtout apparaît comme un cheveu sur la soupe.

Le seul point du roman qui m'a intéressé concerne ce que l'on apprend des parents d'Harry et des liens qui existaient entre les différents personnages de la génération précédente (Black, Rogue, les parents Potter, Luppin etc.). Les autres personnages n'ont pas évolué d'un poil. Tout comme le cheeseburger depuis les années 60.

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