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4.5/10L'étreinte de la nuit - Sadie Matthews

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 08/05/2013
Notre verdict : 4.5/10 - Retieeeens la nuiiit. *air connu* (Ecrivez votre critique)

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Histoire de ne pas s’éterniser sur le plus évident, nous passerons sur la traduction du titre de cette nouvelle trilogie-qui-vous-fera-oublier-jusqu’à-la-couleur-grise qui n’a rien à envier à des dizaines de bons vieux Harlequin que votre bouquiniste préféré range par cageots entiers en vous les refourguant à cinquante centimes pièce. Car le premier tome de la série Fire After Dark, qu’on voudrait faire passer pour une nouvelle romance érotique BDSM vaut à peine plus qu’une tripotée de romans de gare qu’on aura tôt fait d’oublier sur la banquette une fois terminé son Toulouse-Paris.

Ne cherchez aucune, mais aucune originalité dans le roman de Sadie Matthews, ou alors armez-vous d’une infinie patience pour y arriver. L’étreinte de la nuit est le récit d’Elisabeth dite Beth, qui quitte sa province anglaise pour échapper à une rupture douloureuse : en effet, Adam son petit ami de toujours l’a trompée avec une de ses plus proches amies. Poussée par ses parents, elle accepte de s’installer pendant l’été chez la marraine de son père, l’excentrique Celia, septuagénaire ancienne mannequin qui vit dans un quartier huppé de Londres et un appartement décoré comme un catalogue Laura Ashley - du lit à Baldaquin au fauteuil en velours violet en passant par la salle de bains aux carreaux noir et blanc rien ne manque. Contre la promesse de nourrir son chat siamois – et on aura droit aux dialogues avec le chat, forcément – Beth s’installe dans l’appartement avant de remarquer son voisin d’en face, trentenaire d’une beauté irréelle… Irrésistiblement attirée par cet homme qu’elle espionne sans vergogne, elle va aller à sa rencontre et à la faveur d’un amour naissant découvrir que l’homme est plus complexe qu’au premier abord.

Rien ne manque au package de cette série : l’héroïne nunuche et tête à claques dont l’homme tombe amoureux en cinq secondes chrono, qui passe son temps à se dire « Mais qu’est-ce qu’il me trouve ? » (on finit par s’interroger nous aussi). L’amant mystérieux et trentenaire beau comme un dieu, membré comme un âne dont le goût pour le SM ne peut cacher qu’une enfance douloureuse. Les deux qui s’avouent leur amour au bout d’une semaine. Une Beth qui commence à jouir et beugler à peine on la touche, qui a huit ans dans sa tête, mais qui fait l’amour comme une experte du sexe. Et de nombreeeeuses pages de dialogues sur le mode « Le SM pour les Nuls » avec tout un tas de clichés à l’avenant. On a droit à la séance de relooking de Beth où on s’attend sans arrêt à voir Cristina Cordula hurler « Ma chériiiiie tu es sublaïme ! », Beth qui trouve un boulot grâce à une promenade devant une galerie d’art avec le patron pédé qui la prend sous son aile comme un grand frère et ne lui passe jamais de savon même quand elle fait des conneries... On pourrait continuer encore mais là où le livre de Sadie Matthews s’aligne – pour notre malheur – sur celui de E.L. James, c’est sur sa vision du SM, vu à travers les yeux d’une candide qui se met en tête d’endurer (le choix de ce verbe n’est pas anodin) tout cela uniquement pour garder son amant si beau et si riche. Bon. Outre que les scènes de sexe sont dans l’ensemble écrites dans une absence totale de trouble, d’émotions, d’érotisme en somme, celles dites SM sont dans l’ensemble tellement mignonnes et tout juste « naughty » que ça frôle le ridicule. Mais quand Dominic – tiens donc, le même prénom pour un dominateur que dans 80 notes de jaune – se met en tête de faire goûter quelque chose de plus corsé à sa belle, alors là il n’a plus aucune mesure, c’est du fouettage à toute volée avec chat à neuf queues, jusqu’à ce que Beth hurle son safeword et s’effondre en le traitant de connard, d’enflure, qu’après ce qu’elle a enduré pour lui, quelle conne elle a été de se remettre entre ses mains. Nous avons un maitre soi-disant capable d’évaluer les limites de sa soumise mais qui domine au petit bonheur la chance comme s’il n’avait jamais véritablement pratiqué.

En fait la réelle nouveauté du texte, c’est que pour se racheter de sa maxima culpa, Dominic demandera humblement à Beth de le fouetter afin d’éprouver sa souffrance. Et nous terminerons notre premier tome sur Dominic qui s’enfuit en Russie pour affaires et qui demande à Beth-Penelope de l’attendre sagement. Ce qu’elle fera, à n’en pas douter.

On peut donc prestement oublier cette copie de copie de copie et quitte à lire une publication Romantica de chez Milady, se concentrer plutôt sur 80 notes de jaune et ses suites à venir que cette très laborieuse Etreinte de la nuit !

Traduit de l’anglais par Laurence Boischot

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