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2/10Entre les lignes - Portia Da Costa

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 11/08/2013
Notre verdict : 2/10 - Entre les lignes, le vide. (Ecrivez votre critique)

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Gwendolynne – ce prénom ! – est une bibliothécaire divorcée qui trouve un jour dans sa boite postale les lettres d’un admirateur secret qui lui parle en termes ampoulés et emphatiques de ses courbes et de tout ce qu’il aimerait lui faire sur le plan érotique s’il osait… La jeune femme, passablement émoustillée ne pense même pas à partir en courant devant tant de dévotion outrancière. Bien au contraire, elle se pâme, à plus forte raison car elle est persuadée que ces missives ne peuvent être écrites que par Daniel Brewster – surnommé Professeur Glamour – le très sexy universitaire qui passe sur la chaine Histoire et ne peut que cacher des abdos d’acier sous ses costumes bien coupés. Entamant un jeu de cache-cache et de correspondance avec Nemesis – qui signe les lettres – et une drague plus ou moins subtile avec Professeur Glamour, Gwendolynne enchaîne les soirées à parler sur msn et à répondre aux injonctions du premier – lui demander d’aller travailler sans culotte MON DIEU – et à observer et se faire caresser par le second dans les sous-sols qui abritent les archives de la bibliothèque. Mais ces deux hommes si diaboliquement érotiques sont-ils une seule et même personne ? Enigme palpitante prétexte à de longues pages de sexe décousu et de rêveries masturbatoires.

Bon. Là ce n’est plus possible. La vague de renouveau de l’érotisme n’autorise pas non plus à publier tous les rebuts du genre, notamment les tâcheron(ne)s dont même Harlequin ne voudrait pas – ah pardon, on me souffle que Portia Da Costa y a eu droit malgré tout. L’auteur à tendance pisse-copie – trente romans et une centaine de nouvelles au compteur – est dans un pilotage automatique où elle s’est auto-dispensé de toute notion de structure, psychologie des personnages, qualité des dialogues… Une écriture au kilomètre où tout a été collé au petit bonheur la chance, à faire tomber le volume des mains au bout de trente pages à peine. Où après l’amour le beau gosse est capable de dire à son amante « J’ai l’impression de t’avoir servi de serpillère. Dans le bon sens du terme. » - qu’est-ce que ça aurait été dans le mauvais sens ! – et la principale intéressée en ronronne de bonheur !

Il est rare d’avoir envie de qualifier quelque chose de nul ou dépourvu du moindre intérêt, c’est un peu la ligne rouge du critique à ne pas franchir mais là, il faut creuser, au point de penser que même en ayant touché le fond, creuser encore ne servirait à rien. Rien, strictement rien à sauver dans ce Entre les lignes, dont on peut légitimement se demander ce qui a motivé sa publication en français chez Romantica. Une collection qui a somme toute plutôt bien démarré avec le lancement de 80 notes de jaune (dont le deuxième tome 80 notes de bleu sort en août chez le même éditeur) et semblait tracer une intéressante ligne éditoriale : un mélange de romance et d’érotisme certes, mais avec des héroïnes modernes et volontaires, pas des dindes uniquement préoccupées de leur poids et la façon dont les mèches encadrent divinement leur visage avec leur look de « secrétaire salope ».

Dans Entre les lignes, on repassera pour la tension sexuelle ou érotique qui suit un schéma simple pour ne pas dire simpliste : Gwendolynne trouve la première lettre de Nemesis, elle s’affole, pense que c’est Professeur Glamour qui est derrière, imagine plein de cochonneries, se traite de petite dévergondée en rougissant, se masturbe en fantasmant, observe son soupirant à la dérobée, aligne les séances de cybersexe après obtention d’une adresse mail – où le mystérieux admirateur s’exprime comme un vieux beau essayant de séduire une jeune fille en fleur qui ne connaît rien à la vie, occasionnant plus de rictus nerveux que d’excitation et enfin une avalanche de torsions de clitoris et de pénétrations vigoureuses qui envoient Gwendolynne aux rideaux en cinq secondes chrono. Bien sûr, Nemesis EST le Professeur Glamour – on n’en demandait pas plus à un auteur faisait montre d’aussi peu d’imagination – et les deux tourtereaux vont convoler en justes noces à la fin du roman après une nuit d’amour torride dans un hôtel 5 étoiles. Et évidemment après que le Professeur ait annoncé à sa secrétaire qu’il devait se battre contre une tumeur cérébrale qui risquait de le rendre aveugle. Mais juste ce qu’il faut hein, une tumeur non métastasée, facile à retirer et qui permettra enfin de faire cesser au beau gosse ces mimiques mystérieuses, froncement de sourcils ombrageux et autres moues courroucées qui plongent notre héroïne dans des abîmes de réflexions sur le lourd secret qu’il cache.

Un roman dont le seul mérite est de ne pas être une trilogie et donc de nous éviter d’autres tomes à venir.

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