6/10Dead Zone de Stephen King

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 15/01/2019
Notre verdict : 6/10 - C'est la zone (Ecrivez votre critique)

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Un voyant découvre l'avenir effrayant d'un jeune loup de la politique aux méthodes plus que douteuses. En ces périodes politiques troublées, Dead Zone sonne étrangement d'actualité.

John Smith vient de passer une soirée génial à la fête foraine avec sa petite amie, Sarah. Il a gagné plusieurs fois à la loterie suivant les intuitions qui surviennent parfois depuis qu’il est petit. Mais la soirée idyllique s’achève de la pire des façons : en rentrant chez lui, John est victime d’un accident de voiture et va passer les cinq années suivantes de sa vie dans le coma. Peu de temps après son réveil, John découvre que ses prémonitions sont devenues un véritable pouvoir : il peut désormais tout simplement lire l’avenir en touchant quelqu’un. Mais c’est quand il rencontre Greg Stillson, jeune loup de la politique aux dents longues, aux méthodes douteuses et à l’avenir effrayant que se pose vraiment la question ultime : que faire quand on se retrouve face au mal et à ses conséquences dévastatrices ?

Imaginez tout d’abord que vous vous réveillez un jour avec les pouvoirs de Johnny, qu’en touchant une personne, vous découvriez que sa maison va brûler dans les minutes qui viennent. Que devriez-vous faire ? Tenter d’avertir la personne en question au risque de passer pour un fou, un affabulateur ? Ne vous mêler de rien en ayant sur la conscience morts et désastres ? C’est tout l’enjeu de la première partie de Dead Zone qui plonge John dans une histoire qui le dépasse. Lui, le simple prof, est désigné par la foule, les médias comme, tour à tour, un prophète ou un affabulateur. La pression populaire, dans un sens ou dans un autre, est telle qu’il ne semble ne rester qu’une seule solution : se retirer du monde, changer de vie et tenter de se faire oublier.

Imaginez maintenant qu’en touchant quelqu’un, vous découvriez un avenir vraiment horrible, qui implique la mort de centaines de milliers, de millions de personnes. Pour le dire autrement, qu’auriez-vous fait si, en touchant Hitler jeune, vous aviez vu la Shoah et la Seconde Guerre Mondiale ? Une personne contre des millions d’autres ? Est-ce que la réponse est aussi évidente qu’elle peut le sembler ? C’est sans doute ce qui a guidé Stephen King dans la rédaction de Dead Zone qui plonge John Smith, dont le nom quasiment anonyme montre qu’il représente en réalité chacun d’entre nous, au cœur d’une réflexion philosophique. Cette réflexion peut d’ailleurs être prolongée assez facilement avec les dernières élections étatsuniennes qui ont vu Donald Trump déjouer tous les sondages comme Greg Stillson, ses méthodes brutales et ses mensonges éhontés montent les échelons dans Dead Zone.

Si ce cinquième roman de Stephen King est une nouvelle réflexion sur le mal et sur la façon de l’éradiquer, on pourra cependant regretter une mise en place principalement fantastique en mettant de côté l’horreur, pourtant une des caractéristiques principales de l’œuvre de l’auteur. Dead Zone paraît, de fait, franchement un peu fade surtout en comparaison de son précédent roman, Le fléau, qui écrasait le lecteur par son côté magistral. On pourra toutefois noter qu’on retrouve une nouvelle fois quelques constituants majeurs de l’œuvre : le héros au pouvoir étrange, l’influence de l’enfance et de ses traumatismes dans le devenir de l’adulte et ces petites vignettes personnelles toujours bien troussées.

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