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4/10Ces dames de l'annonce - Philippe Lecaplain

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 14/10/2013
Notre verdict : 4/10 - Echec et dames. (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

Un jour Philippe Lecaplain – ou son double littéraire – journaliste à RFI décide de passer une petite annonce dans une luxueuse revue et la libelle ainsi :

« Elégant libertin de 43 ans, bel homme d’esprit doté d’une riche imagination, joueur et délicat, curieux et cérébral mais aussi – à les en croire – bien nanti, goûterait à de nouvelles expériences avec une Femme féminine, accomplie, gourmande et sûre de ses désirs. Humour apprécie, vulgarité interdite. Osez donc ! »

De ces rencontres, l’auteur décide donc de tirer ce recueil de souvenirs, dix-huit nouvelles pour rendre hommage à chacune d’entre elles, soit dix-huit portraits de femmes toutes différentes les unes des autres. S’il existe un genre littéraire encore plus difficile que la littérature érotique, c’est le mélange humour et érotisme en littérature. Très compliqué. Très retors. Car si la sexualité se trouve souvent jalonnée d’éclats de rire, faire coexister les deux sans tomber dans la balourdise est une tâche très compliquée pour l’auteur qui veut s’y frotter. Malheureusement on ne peut pas dire que Philippe Lecaplain ait réussi ce défi avec l’écriture de Ces dames de l’annonce.

Et d’ailleurs qui sont-elles ces dix-huit femmes ? C’est simple, ce sont des clichés ambulants. Des stéréotypes si stéréotypés que l’on en vient à douter de leur existence pour songer que Philippe Lecaplain les a façonnées selon son cahier des charges, jusque dans le choix de leur prénom (Emmanuelle est bonne sœur, Zalia est fan de foot, Marie-Claire bosse dans un magazine féminin, Odile veut du SM à la Histoire d’O, etc). Et là c’est le festival des jeux de mots faciles tendance Beigbeder du pauvre, des dialogues explicatifs qui n’en finissent pas, des séquences surjouées à faire bailler, à se demander ce qu’on a mérité pour que l’auteur nous inflige cet almanach Vermot du sexe. Au point de doter une huissier de justice du patronyme… Maitre Luicié. De grâce, n’en jetez plus.

Philippe Lecaplain pensait sans doute rendre un vibrant hommage à la Femme – notez comme il a pris soin de mettre la majuscule dans son annonce – avec Ces dames de l’annonce, il ne produit qu’une galerie de personnages en forme de lieux communs des plus éculés. On ne peut nier que l’auteur a tenté d’adapter un style différent pour chacune des femmes croquées dans ce livre, mais les tournures sont faciles, les répliques sont outrées… Et au final, Ces dames de l’annonce n’est ni excitant, ni drôle. Touchant parfois – certaines de ses « dames » sont des âmes blessées et se dévoilent enfin à son contact – mais dans l’ensemble, le livre ne se montre jamais à la hauteur de ses prétentions. On ajoutera qu’au vu de la couverture – signée Philippe Lecaplain lui-même – il serait bon de laisser à chacun son métier plutôt que de vouloir à tout prix croire que l’on est jamais si bien servi que par soi-même. Beau joueur, Philippe Lecaplain laisse une adresse e-mail en fin d'ouvrage à disposition au cas où les lecteurs souhaiteraient commenter le texte ou en discuter avec l'auteur. A voir si cette invite suite à la lecture du livre peut être suivi d'effet...

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