6/10Chasse à mort

/ Critique - écrit par Lestat, le 15/09/2004
Notre verdict : 6/10 - ça vaut pas le Koontz... (Ecrivez votre critique)

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Une erreur récurrente est de faire de Dean Koontz un éternel numéro deux vivotant dans le sillage de Stephen King. Si en rayonnage, il est fréquent de trouver Koontz aux côtés du Maître de Bangor, les deux auteurs ont des oeuvres bien divergentes. Dean Koontz, à la différence de King, s'axe davantage sur le thriller fantastique, s'éloignant du paranormal pur et dur en abordant des sujets "plausibles" comme les pouvoirs psychiques, le clonage ou encore la génétique.
Traduit en 38 langues, tirés à 200 millions d'exemplaires, environ un livre par an, Dean Koontz possède son noyau dur de fans et a bénéficié de quelques adaptations, parfois pour le cinéma mais, et surtout, pour la télé et le marché de la vidéo. Ainsi Mister M.O.R.T., thriller efficace avec un frère Baldwin. Publié en 1987, Chasse à mort pourrait être un Koontz typique : sombre machination génétique, personnages troubles, une petite amourette, un chien... Tout cela a l'air tentant. Nous y allons ?

Nous sommes dans le comté d'Orange, au sud de Los Angeles. Travis Cornell, vétéran des Delta Forces, monte dans son vieux camion et emprunte la route vers les canyons. Ce trajet, c'est une sorte de rituel, qu'il accomplit depuis l'enfance. Les biscuits et l'orangeade sont toujours là, mais trop sucrés désormais pour son palais d'adulte... Son chemin croisera celui d'un chien, golden retriever sans collier. Ils s'adopteront mutuellement. Mais le chien au fil des jours, prouvera une intelligence hors du commun, capable de raisonnements dignes d'humains et surtout, de parler, en assemblant des petites lettres. Dans les bois, il fuyait quelque chose, une chose qui n'est pas née de Dieu...

Non, le résumé ne casse pas des briques et dans l'ensemble, Chasse à mort n'est clairement pas un grand livre et encore moins un grand Dean Koontz. Le principal défaut de l'histoire est que pour un sujet en or -vous l'aurez compris, les manipulations génétiques, le roman se vautre dans un manichéisme et une édulcoration très mal à propos. Un chien mignon qui parle, un militaire qui n'a plus envie de tuer qui que ce soit, une femme malheureuse qui va redécouvrir la vie. Et à côté de cela des vilains, un tueur à gage vicieux, une créature ignoble... Les deux camps sont trop facilement discernables et tout ceci dessert un livre qui aurait pu être une belle fable sur la monstruosité. Reste la fin qui, elle, apporte un semblant d'ambigüité salutaire. Une fin aux allures de drame, touchante et pleine de noirceur où Koontz semble se réveiller brusquement. Comme s'il n'avait attendu que ce moment pour émouvoir. Manque de chance, c'était le dénouement et si la conclusion est d'obsidienne, l'épilogue revient rose bonbon le temps d'un coup de théâtre éventé qui ne surprendra personne.

Chasse à mort est un bouquin qui se lit sans déplaisir. L'intrigue est assez intéressante, les personnages attachants et c'est à peu près tout ce qu'il y a à en dire. On retiendra quelques séquences de tueries au suspense bien dosé, un mystérieux tueur à gage du nom de Vince Nasco qui est clairement le protagoniste le plus intéressant du roman et le final, superbe, dérangeant et tellement à contre-pied. Du reste, c'est un thriller qui perd son intelligence en restant trop classique dans son traitement. C'est dommage.

A noter que Chasse à mort fut adapté au cinéma sous le nom de Watchers, film plutôt dispensable avec Michael Ironside.

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