8/10Cent métiers du vieux Shanghaï

/ Critique - écrit par iscarioth, le 03/12/2006
Notre verdict : 8/10 - Patrimoine vivant (Ecrivez votre critique)

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On se préoccupe finalement assez peu souvent, dans la vie de tous les jours, de notre patrimoine. Peu de place pour le patrimoine national, vous imaginez un peu celle accordée au passif chinois ! C'est donc avec un certain étonnement que l'on voit publié chez les éditions de l'An 2 un volumineux et classieux ouvrage sur les vieux métiers pratiqués, début vingtième siècle, dans la grande ville de Shanghai.

L'ouvrage est signé He Youzhi, qui a déjà été publié en France chez le même éditeur, avec Mes années de jeunesse. La direction éditoriale de l'ouvrage est signée Gérald Gorridge, que l'on sait attaché à la découverte asiatique, et qui s'est rappellé à notre bon souvenir dernièrement, avec la publication des Fantomes de Hanoï. Cent métiers du vieux Shanghaï, c'est donc un volumineux ouvrage qui recense, non pas cent, mais quatre-vingt-dix métiers pratiqués dans la Chine citadine d'antan. Sur chaque double-page, on contemple à droite une illustration, et à gauche le texte s'y reportant, inscrit à la fois en japonais et en français. Si certains métiers ne s'éloignent pas trop de ceux, disparus ou non, de notre patrimoine, comme barbier, chiffonnier ou marchand ambulant, d'autres renvoient bien évidemment fortement aux particularismes de l'histoire chinoise. Ainsi, on s'amusera de découvrir des professions insolites comme ventilateur (un domestique chargé de faire tourner les ventilateurs manuels aux bains), ramasseur de cadavres (on avait déjà vu cela dans le bien moins sérieux Holy Grail des Monty Python, « Bring out your dead ! ») ou vidangeur d'excréments (pas besoin de paranthèses explicatives cette fois). Certains métiers symbolisent bien l'histoire japonaise d'alors, avec l'occupation des occidentaux (les métiers au service « de l'occupant » : nounou de l'étranger ou encore larbin des occidentaux). C'est un patrimoine vivant que nous lègue He Youzhi par ce livre, l'auteur ayant lui-même vécu cette période reculée de l'histoire de la Chine. Les textes accompagnant ses illustrations constituent de précieux témoignages. Youzhi parle à la première personne pour restituer tout un patrimoine personnel et collectif.

Cent métiers du vieux Shanghaï est un ouvrage à la fois documentaire et ludique. Par sa composition, c'est un livre entièrement conçu pour butiner, une sorte de catalogue de curiosités, un univers qu'on pénètre avec un intérêt décuplé par le plaisir.

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