7/10Carrie de Stephen King

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 31/10/2015
Notre verdict : 7/10 - Même pas besoin d'un dentiste (Ecrivez votre critique)

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Premier livre de Stephen King, Carrie mélange horreur et fantastique dans un livre marquant, surtout du fait de son adaptation par Brian De Palma en 1976.

La petite histoire nous dit que Carrie aurait bien pu ne jamais voir le jour (et la carrière de Stephen King ne jamais décoller?). En effet King aurait jeté à la poubelle les premières pages de son roman mais sa femme aurait récupéré ces pages et aurait encouragé celui qu'on n'appelait pas encore le roi de l'horreur à continuer son travail.

Dans ces fameuses premières pages de Carrie si saisissantes, on y rencontre une jeune fille, Carrie, vilain petit canard et souffre-douleur de sa classe, subir les brimades de ses concitoyennes alors qu'elle découvre, pour la première fois, sous la douche, devant ses camarades donc, ses règles. Une nouvelle occasion de se moquer de la risée de la classe. Comme tout au long du roman, cette première scène est entrecoupée de coupures de journaux « Mystérieuse pluie de pierres », d'extraits de livres « L'ombre dissipée : exposé de certains faits vérifiés et des conclusions établies au sujet du cas de Carrie White », plus loin de dépositions…

Ce mélange donne un aspect vraiment particulier à Carrie : il n'y a jamais réellement de surprise dans ce qui arrive. Tout est déjà évoqué, de façon plus ou moins directe, au détour de ces encarts qui ont le mérite, cependant, de donner un aspect factuel au reste du récit : s'il existe des articles de journaux, s'il existe des livres traitant de Carrie White, s'il existe une déposition à la police, alors l'histoire décrire dans le livre s'est réellement déroulée. C'est peut-être dans ce sens que le livre de Stephen King est véritablement marquant même s'il faut reconnaître qu'en conséquence, l'horreur, le suspense, qui deviendront l'une des marques de fabrique de King, cèdent et passent malheureusement au second plan. Et surtout le rythme de lecture est assez malmené par la survenue impromptue de ces écarts au récit. Il n'en reste pas moins qu'on perçoit la faculté de King à raconter une histoire et à peupler son récit de personnages particulièrement bien sentis.

Grands thèmes kingiens

En tant que premier livre, Carrie lance aussi quelques grands thèmes que l'on retrouve dans l'oeuvre de Stephen King. On pense évidemment en premier lieu au thème fantastique, aux pouvoirs paranormaux qui seront aussi par exemple développés dans Charlie ou Shining : il est d'ailleurs intéressant de voir que King apporte une lumière véritablement scientifique à ces pouvoirs en les associant à l'hérédité et la génétique. Un autre grand thème que l'on peut observer dans Carrie est celui de l'enfance et de l'adolescence, peut-être l'une des périodes d'élection de King même si Carrie White quitte en réalité l'enfance pour le monde des adultes. Enfin, et c'est peut-être le thème le plus marquant de Carrie, Stephen King lance une critique vigoureuse de la société américaine, plus particulièrement ici de la micro-société du lycée : les camarades de classe de Carrie sont toutes plus détestables les unes que les autres, à part peut-être la jeune Sue au comportement malgré tout très hypocrite ; les adultes sont pour leur part complètement à la ramasse, soit complètement fous, soit totalement impuissants et inutiles. Évidemment on peut aussi dégager d'autres thèmes importants : la religion, la symbolique du sang mais ils semblent moins important dans l’œuvre complète de Stephen King.

Dans ces conditions, il n'y a bien sûr pas d'échappatoire et Stephen King nous sert une admirable scène finale à la fois puissant et étrangement belle.

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