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5.5/10Carnet sexuel d'une femme de chambre

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 24/09/2012
Notre verdict : 5.5/10 - L'éthique de la soubrette (Ecrivez votre critique)

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Il ne faudrait pas trop se laisser induire en erreur par la couverture de ce nouveau roman d’Éric Mouzat. Ceux qui pensent entrer dans l’univers feutré des palaces avec l’image sur-exploitée de la soubrette dorcelienne, prête à tous les sacrifices pour satisfaire les désirs de clients fortunés et complaisants, en seront pour leurs frais. Car la jeune Léna, vingt-quatre ans, fraiche et néanmoins déterminée est moins femme de chambre, qu’étudiante en lettres modernes qui doit arrondir ses fins de mois en jouant les femmes de ménage chez des particuliers et les agents d’entretien dans des halls d’immeubles cossus.

Déterminée, parfois dépourvue de sensibilité, Léna est une héroïne qui ne s’en laisse pas conter et prend tout ce qui peut lui apporter plaisir ou argent avec une attitude pour le moins… égalitaire. Fidèle à la tradition de l’ingénue perverse, figure presque incontournable de la littérature érotique, tout est bon pour elle : femme, homme, couple, mari fidèle à débaucher, épouse délaissée à consoler, adolescent bourgeois qu’on dépucèle au milieu d’un chantier désaffecté… et même un couple de notables soumis qui lui demandent presque sans détour de devenir leur Maîtresse en soirée SM. Elle consigne dans ses carnets l’évolution de son travail où elle enchaine moins les séquences de récurage de baignoires que les pipes et confidences grivoises aux oreilles grandes ouvertes de ses divers amis et employeurs.

L’un des aspects qui empêche le trouble quand on lit les aventures de Léna, c’est avant tout le manque de crédibilité dans la manière dont elle s’exprime pour une jeune femme d’une vingtaine d’années. On a beau être étudiante en lettres, utilise-on vraiment et seulement les mots fellation, cunnilingus, vagin et testicules pour parler des attributs de ses partenaires ou de la façon dont ils s’activent sur notre corps ? Cette forme de mécanisation de l’écriture érotique s’invite jusque dans la perception que le lecteur se fait de Léna qui apparait comme une jeune personne fort peu sympathique ou émoustillante : vénale, égoïste, manipulatrice, elle n’a pour elle que l’excuse de sa jeunesse et ses inconséquences pour qu’on se laisse attendrir par son comportement. Elle est un corps sans passé ni histoire, la brièveté même du récit empêche de s’attacher à cette héroïne qui fait mine de se donner à tous, alors qu’elle ne fait que se prêter, le sourire aux lèvres, surveillant déjà du coin de l’œil sa prochaine proie.

Histoire qui ne commence ni ne se termine réellement, Carnet sexuel d’une femme de chambre s’inscrit dans la continuité des ouvrages d’Éric Mouzat qui privilégie la tranche de vie, un moment-clé d’une existence qui donnent à ses romans l’allure de novellas, pas foncièrement déplaisantes mais parfois franchement anecdotiques. On se contentera donc de souligner que ce Carnet sexuel d’une femme de chambre est loin de faire partie des indispensables de sa bibliographie.

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