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9/10Beautiful Bastard - Christina Lauren

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 05/08/2013
Notre verdict : 9/10 - Work Sex Story (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Beautiful Bastard soit le Salaud Magnifique. Et qu’est-ce qu’un Salaud Magnifique dans l’imaginaire récent de la fiction, essentiellement télévisuelle ? C’est Don Draper dans Mad Men, Chuck Bass dans Gossip Girl, Harvey Spector dans Suits, c’est cet homme en costume trois pièces d’une classe folle, d’une arrogance qui peut irriter et attirer comme un aimant, bref c’est celui dont vous vous dites que jamais au grand jamais vous n’aimeriez être sa femme tout en vous fustigeant d’être souvent si près de succomber à ses charmes.

Ce Beautiful Bastard qui ajuste ses boutons de manchette sur la couverture du roman de Christina Lauren, c’est Bennett Ryan. Beau, exigeant, dur, à qui rien n’échappe… Et qui fait l’enfer sur terre à Chloé Mills sa jeune assistante au sein de l’entreprise Ryan Media Group. Depuis neuf mois qu’elle travaille pour lui, leurs échanges ne sont que piques et joutes verbales incessantes, une tension permanente ponctue chacune de leurs rencontres. Aussi ambitieux l’un que l’autre, leur lutte de pouvoir et d’ego happe dès les premières pages où Chloé ne peut s’empêcher de qualifier Bennett de connard et d’enfoiré, tout en mettant un point d’honneur à effectuer toutes les tâches demandées dans les temps et souvent même mieux que ce qui lui a été demandé. Ne comptant pas passer toute sa vie dans cette boite et enfin valider la fin de ses études, Chloé agit avec une insolence de qui sait qu’elle ne sera pas là éternellement. Mais si la « muflerie » de Bennet n’était qu’une couverture pour masquer un autre type de tension, physique certes, mais plus précise et à devenir fou ?

C’est ce que le lecteur va découvrir dès le premier chapitre de Beautiful Bastard, qui attaque très fort et ne s’embarrasse pas des circonvolutions qui consisteraient à étaler sur des pages et des pages la rencontre entre les deux protagonistes. Qui sont-ils, depuis combien de temps se connaissent-ils ? On l’apprend assez rapidement pour comprendre ce qui les anime et la tension qui les parcourt depuis de longs mois. Et qui va exploser sous les yeux du lecteur qui suit, ébahi, leurs ébats qu’on qualifierait de torrides si le mot n’était pas déjà galvaudé et en-deçà de la réalité pour décrire la façon dont Chloé et Bennet baisent dans Beautiful Bastard. Christina Hobbs et Lauren Billing – les deux auteurs du texte qui signent de leurs deux prénoms la version finale – ont su construire un roman particulièrement excitant, intense, propre à électriser l’imaginaire et le corps. Difficile de se souvenir que ce texte incandescent a un jour été une fan-fiction de Twilight, parangon de pudibonderie et de chastes émois où toute poussée d’hormones se doit d’être réfrénée séance tenante. Tout au plus, y reconnaitra-on une parabole avec la relation taboue entre un patron et son employée, mais s’il fallait vraiment chercher une analogie vampirique à ce couple, on pensera bien plus à Buffy et Spike qu’à Edward et Bella ! Leurs rapports où chacun ne cesse de vouloir en remontrer à l’autre donne à voir une escalade d’intensité, sans jamais lasser le lecteur, bien que les scènes de sexe s’enchainent à un rythme effréné avec le running-gag du déchirage de petite culotte qui devient vite un jeu entre les deux amants.

Si leur furia érotique chamboule le lecteur, la relation amoureuse qui se profile entre Chloé et Bennett est loin de répondre aux canons cucul du genre : c’est qu’on a affaire à deux  personnages forts et qui veulent savoir où ils mettent les pieds, au vu de leur environnement et de leurs proches. En effet, au début, c’est Ryan père qui a embauché Chloé dans la boite, et il serait très malvenu pour le fils de compromettre l’avenir d’une brillante étudiante que le père a pris sous son aile. Au-delà de ce critère qui met le petit élément « fruit défendu » indispensable à ce type de romance, la progression de leur sentiment amoureux a le mérite de sonner vrai et de toucher le lecteur. Alternant le récit de Chloé et de Bennett, Beautiful Bastard se révèle d’un bout à l’autre une lecture jouissive et jubilatoire, qui surplombe de très haut bon nombre de publications érotiques qui ont inondé nos librairies ces derniers mois.

On y verra aussi en filigrane la rencontre de deux auteurs trentenaires qui bien qu’écrivant chacune à un bout des Etats-Unis ont réussi faire prendre corps en duo à un texte frais, excitant et très actuel. Et un roman de ce genre où l’héroïne cite Shaun of the dead comme son film préféré mérite d'être découvert !

Traduit de l'américain par Margaux Guyon.

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