8.5/10Une balle dans la tête

/ Critique - écrit par Guillaume (), le 16/08/2007
Notre verdict : 8.5/10 - Joe Lit ! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 1 réaction

Une balle dans la tête démontre la capacité de Dan Simmons à s'imposer en tant que grand facteur de polars noirs. Merci l'ami.

Joe Kurtz est un looser. Un vrai. Mais il a la caboche solide. En effet, tout le monde ne pourrait pas se vanter d'avoir survécu à un tir dans la tête lors d'une fusillade... Même si ce n'est pas lui qu'on cherchait à tuer. Plutôt son officier de probation. Enfin, c'est ce qu'il croit.
Mais en tant qu'ancien détective privé et qu'ex-détenu, il se sent quelque peu obligé d'aller lui-même à la pêche aux informations. Mener l'enquête ça le connaît... si seulement il avait encore le droit d'être détective. Une seule solution, frôler, et même allégrement dépasser les frontières de l'illégalité.

Remarquez, c'est bel et bien grâce à la pression de la mafia et à ses connaissances dans le milieu que Joe Kurtz va avoir quelques chances de s'en sortir... mais en bavant de douleur régulièrement. A ce niveau là, rien ne lui sera épargné.

Dan Simmons, l'auteur des célèbres Hypérion et Endymion, plutôt orientés science-fiction, livre un polar pour le moins maîtrisé. Tout en noirceur et en nuance, le personnage de Joe Kurtz est jouissif. Mauvais garçon et rendeur de services, il est prêt à payer de sa personne pour se sortir, et sortir les autres, des traquenards. Il subit activement toutes les mésaventures qui lui tombent sur la tête, sans s'abandonner à la détresse.

L'écriture est crue, souple, et contourne tous les écueils du réalisme à outrance. L'intrigue, par contre, n'est pas aussi maîtrisée. On se réjouit davantage de l'action et des conversations entre les personnages que de la résolution de l'enquête... surtout que très rapidement on prévoit la grosse scène macabre qu'un tueur psychopathe impliqué dans l'intrigue va fatalement apporter.

Le récit est ainsi plaisant à lire, presque haletant, mais finalement peu abouti dans les rebondissements à tiroirs. Est-ce un mal ? Difficile à dire, on sait seulement que comme chez Fred Vargas, ce sont les couleurs qui s'échappent du roman qui nous séduisent le plus, bien plus que son schéma narratif. On est même si suffisamment happé par les odeurs, les images, les conversations, que l'on n'est pas mécontent de savoir que Joe Kurtz a mené d'autres enquêtes. De belles perspectives pour les semaines à venir.

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