9/10Les Annales du Disque-Monde - Tome 4 - Mortimer

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 25/09/2009
Notre verdict : 9/10 - Nique ta mort (Ecrivez votre critique)

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Quand la Mort veut prendre du recul pour pêcher et qu'il cherche un apprenti, c'est le pantalon du temps qui est décousu.

La Mort qu'on voit danser le long des golfes clairs a paraît-il des reflets d'argent. Sans doute est-ce à cause de cette longue faux. Etre la Mort est franchement un bon métier. Pas besoin de qualifications particulières, pas de clients portant réclamation, quelques mécontents parfois mais qui finalement disparaissent assez vite. Mais voilà c'est aussi un boulot prenant, et on ne peut pas dire que les perspectives d'évolution soient franchement reluisantes. A vrai dire, le premier problème de ce métier est la solitude qui l'accompagne. A-t-on déjà vu la Mort accompagnée ? Et puis à force de prendre des vies, la Mort est en droit de se poser des questions sur la vie. Bref la Mort rumine de sombres pensées. La Mort veut prendre ses distances avec son délicat métier, prendre des vacances et, qui sait, passer son temps libre, comme le font les êtres humains, à boire, à s'amuser et à pêcher. A l'exception cependant que la Mort serait un bien étrange être humain, du genre à avoir oublié de se vêtir de sa chair avant de sortir ou du style à parler COMME CA SANS CRIER GARE. La Grande Faucheuse, ou plutôt le Grand Faucheur... Oui il. Nous ne reviendrons pas sur le sexe indubitablement masculin de la Mort. D'ailleurs ne parle-t-on pas des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, à savoir la Mort, la Guerre, la Famine et la Pestilence ?. Donc la Mort a décidé de prendre un apprenti qui pourra le seconder voire qui pourra le remplacer si la condition de vivant plait à la Mort.

Coup de chance ou obscur humour des dieux, dans une foire à l'emploi se trouve justement un gamin que son père veut mettre en apprentissage. Il s'appelle Mortimer, mais tout le monde l'appelle Morty, ou Mort. Certes il n'a pas l'air bien fameux, tout en genoux et en maladresse : s'il est le dernier présent sur le marché de l'emploi, ce n'est pas pour rien. C'est en tout cas lui que la Mort choisira comme bras droit. Mortimer va ainsi découvrir les deux vivants qui meublent la vie, ou ce qui s'en rapproche le plus, de la Mort : Albert le serviteur grognon et Ysabell la fille de la Mort. Un coup d'épée d'un côté, un mouvement circulaire de faux de l'autre, Morty prend vite la mesure de son nouveau métier. Seulement voilà, il reste vivant. Et un homme. Deux conditions qu'il oubliera difficilement quand il s'agira de mettre à mort la Princesse de Sto Helit. Le monde s'attendait à la mort de la Princesse, or voilà qu'elle n'est plus morte. Ysabell, Albert et Mortimer réussiront-ils à réparer les dégâts ? Tel est l'enjeu de Mortimer, quatrième livre des Annales du Disque-Monde.

La Mort est sans doute l'un des personnages principaux des Annales, le seul qui revient dans tous les livres. Il faut dire que peu de gens arrivent à éviter la Mort, surtout dans les romans de fantasy. Pratchett a réussi à faire de ce grand échalas osseux un personnage clé de son univers, un personnage cynique et donc foncièrement drôle. Mortimer le place au centre de l'histoire, ce qui est ma foi plutôt rare, mais surtout il le place dans un ensemble de situations incongrues pour un tel symbole. La Mort qui déprime, la Mort qui s'alcoolise dans les tavernes les plus glauques du Disque-Monde, la mort qui pêche... Et qui dit situations incongrues dit nombreuses occasions de se marrer. Mortimer est tout simplement l'un des meilleurs volumes des Annales du Disque-Monde.

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