8/10Les Annales du Disque-Monde - Tome 22 - Le dernier continent

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 27/02/2010
Notre verdict : 8/10 - Classé XXXX (Ecrivez votre critique)

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Après le monde occidental, l'Asie, c'est au tour de l'Australie de se voir caricaturer par Pratchett. Pour notre plus grand plaisir.

Le désert s'étend depuis des millénaires sur le dernier continent qu'on appelle au choix Terra Incognita, XXXX, Iksiksiksiks voire Quatriks, un continent dont le reste du Disque Monde sait finalement peu de choses. Même la prestigieuse bibliothèque de l'Université Invisible, haut lieu de connaissance mené de main de maître par un anthropoïde roux et velu, ne peut qu'indiquer que XXXX est clos par la mer et qu'il y a très peu de serpents venimeux puisqu'ils sont pour leur majorité tous tués par des araignées. Un continent pas franchement accueillant.

Erreur thaumatugrique bi-localisationnelle

Pourtant. Car il y a toujours un pourtant. Dans le cas contraire, l'histoire ne pourrait démarrer correctement. Pourtant un chapeau de mage est en train de creuser dans ce désert qui n'a jamais vu la pluie. On devine que c'est un chapeau de mage parce que ce nom est délicatement brodé sur le couvre-chef, même si assurément l'orthographe n'était pas un fort du brodeur. MAJE. Une seule personne sur le Disque Monde porte un tel chapeau : le grand Rincevent, le couard éternel, pendant trouillard du héros éternel. Parachuté sur un continent inconnu et hostile par une erreur thaumaturgique bi-localisationnelle (Les tribulations d'un mage en Aurient), peuplé d'animaux dangereux, le maje survit sans problème car ce désert semble abonder en aliments substanciels comme des sandwichs au poulet ou des madeleines glacées au chocolat, sans oublier les nombreux trous d'eau qui s'ouvrent sous les pieds de Rincevent. Une aubaine ? Sûrement pas. Ces signes annoncent, sans qu'il y ait le moindre doute possible, des ennuis : en effet, ils signifient que quelqu'un s'intéresse à Rincevent. Et quand quelqu'un s'intéresse à vous, c'est rarement pour vous laisser tranquille.

Anthropoïde métamorphe

Pendant ce temps-là, les mages de l'Université Invisible ont un grave problème à résoudre : le bibliothécaire est malade. Et ce n'est pas une maladie anodine puisque chaque fois qu'il éternue, il se transforme. Parfois en fauteuil recouvert de fourrure rousse, parfois en livre relié en cuir rouge velu, parfois en très gros coquille rouge. Nous pouvons ici apprécier la constance de certaines caractéristiques de l'anthropoïde. Toujours est-il qu'avec ce caractère pour le moins instable, le bibliothécaire ne peut assumer sa fonction et quand on connaît la Bibliothèque de l'Université Invisible, on ne peut que s'effrayer de l'absence de contrôle de livres gorgés de magie, qui volètent dans le noir et apprennent les uns des autres. Or la guérison du bibliothécaire ne peut se faire qu'en utilisant son vrai nom. Une seule personne peut connaître ce nom. L'ancien assistant du bibliothécaire. Le plus grand explorateur du Disque-Monde. Le mage le plus minable du Disque-Monde. Rincevent.

C'est donc une véritable course contre la montre qui démarre, une course à travers le temps et l'espace dans un maelström temporel où des peintures rupestres sont affublées de chapeaux pointus, où les bateaux poussent sur des plantes vertes, où les kangourous disparaissent et apparaissent à leur bon vouloir, où l'on croise les spectres de Mad Max, Crocodile Dundee, de Pétunia la folle du désert, où les dieux athées croient en l'évolution et où les chameaux se déplacent accrochés à du bois flotté. Bref un nouveau coup d'éclat dans la galaxie pratchienne.

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