8.5/10Les Annales du Disque-Monde - Tome 20 - Le père Porcher

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 12/02/2010
Notre verdict : 8.5/10 - Et la fée Néant alors ? (Ecrivez votre critique)

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Horreur, malheur. Le Père Porcher est mort. Et c'est la Mort qui le remplace. Un squelette avec une fausse barbe, une hotte et un traîneau tiré par des cochons, ce n'est pas franchement rassurant.

La neige étend son manteau blanc, tandis que les petits enfants, à genoux et les yeux levés vers le ciel, font une dernière prière avant de fermer les paupières. La nuit du Porcher est une nuit magique si loin de tout, sans garde-fou. Car, à travers les cieux, l'espace et le temps, un traîneau s'en vient, tiré par Creuseur, Caveur, Fouisseur et Foreur, les quatre cochons du Père Porcher. Une hotte sur le dos, un manteau rouge, une barbe blanche, un embonpoint prononcé, c'est lui le Père Porcher ! HO HO HO ! Puis, petit à petit, le ventre rebondi se met à glisser : ce n'est pas un ventre mais un oreiller ! Et le personnage replet se révèle grand et pas franchement en chair. La barbe est fausse et accrochée à des oreilles qui n'existent pas. La Mort est le Père Porcher... et le Père Porcher est mort. Qui a bien pu commettre cet abominable forfait ? La Mort saura-t-il remplacer le Père Porcher ? Qui le remplacera pour accompagner les morts ?

Des olives ou des yeux ?

Autant de questions dont vous trouverez la réponse dans ce vingtième volume des annales du Disque-Monde, une nouvelle plongée dans l'univers farfelu de Terry Pratchett. Avec comme héroïne la célèbre duchesse Suzanne Sto Hélit, fille de Ysabell et de Mortimer (voir Mortimer le bien nommé) et accessoirement petite fille de la Mort, ce qui lui vaut forcément des désagréments comme être obligé de se concentrer pour utiliser les portes et ne pas surgir d'un mur, mais aussi des avantages comme utiliser la célèbre voix caverneuse de son grand-père, une voix à laquelle on peut difficilement résister. Accompagnée de la désormais fameuse Mort aux rats et de son corbeau obsédé d'yeux, Suzanne va devoir réparer le tissu de la réalité qui a une fâcheuse tendance à créer des personnifications anthropomorphiques comme autrefois des boules de neige et des chariots de supermarché (Le faucheur).

Personnification anthropomorphique

Il est important ici de faire un aparté sur les personnifications anthropomorphique. L'homme a ceci d'étrange qu'il aime à donner corps à des concepts aussi abscons que la Mort, le Père Porcher ou encore la fameuse fée des dents qui échange une dent contre un sou (Le Père Porcher est d'ailleurs l'occasion de découvrir ce que deviennent ces dents une fois en possession de la fée). L'univers, quant à lui, n'aime pas le vide. Ainsi il se croit obligé de remplacer le Père Porcher par d'autres personnifications anthropomorphiques. C'est ainsi qu'apparaissent tour à tour le gnome des verrues habitant des salles de bains ou l'oh bon dieu des gueules de bois, celui qui vous martèle la tête au petit matin après avoir abusé du frottis de Nounou Ogg (rien de sexuel dans ce frottis fabriqués à partir de pommes, enfin surtout de pommes). L'imagination sans pareil de Pratchett peuple son monde d'autant de fées et gnomes qu'il est possible sans que le lecteur souffre d'indigestion.

Sans grande surprise avec la série sur la Mort, Le Père Porcher est une nouvelle réussite, en partie grâce à l'intervention des éminents membres de l'Université Invisible, l'Archichancelier Ridculle, Cogite Stibon et même l'économe aux pilules de grenouille. Comme un bon vieux frottis, c'est à consommer sans modération. D'autant plus que l'oh bon dieu des gueules de bois est toujours là pour vous éviter le mal de crâne !

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