8.5/10Les Annales du Disque-Monde - Tome 14 - Nobliaux et sorcières

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 04/12/2009
Notre verdict : 8.5/10 - Pas si gentry (Ecrivez votre critique)

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Les Elfes, ces êtres pervers et malintentionnés, sont de retour dans le Royaume de Lancre. Et franchement ils mériteraient un bon coup de godasse en fer !

Tout le monde les connaît, mais personne n'ose dire leur nom. On les appelle les Nobliaux, la Noble Cour, le Peuple des Etoiles ou le Beau Peuple. Ils sont beaux mais leur esprit exsude le mal, une intelligence de cruauté et de malveillance froide. Le peuple de Lancre se souvient qu'ils chantaient, mais a oublié ce qu'ils chantaient. Et ce n'étaient pas des chants d'amour. Et quand ils riaient, c'était plutôt pour avoir tordu le bras de leur prisonnier. Ils ont été banni du Disque-Monde depuis des siècles, enfermés dans leur monde. Pourtant ils tentent de revenir, là où le tissu de la réalité est le plus fin. Seuls les cromlechs de fer peuvent encore les retenir. Ils ? Ce sont les Elfes. Ils arrivent et ils ne sont pas contents !

Sorcières à la rescousse

A peine revenus de Genua, à l'autre bout du monde, nos trois sorcières préférées (l'innocente Magrat, la dévergondée Nounou Ogg et la très droite Mémé Ciredutemps) se retrouvent confrontées avec de jeunes effrontées habillées de noir, aimant à danser autour des cercles de pierre, nues sous la Lune. Bref à de jeunes ados voulant jouer aux sorcières. Quand la période des cercles arrive, c'est-à-dire quand d'étranges formations circulaires surgissent sans crier gare, dans un champ ou dans les flocons d'avoine, il n'est pas conseillé de danser autour des cercles de pierre. Après un duel de magie épique contre Mémé Ciredutemps, la jeune Diamanda, défaite par une boîte de bonbons inopinée, va commettre l'impair : ouvrir la porte aux Lumineux. Et les habitants de Lancre vont en prendre plein les yeux.

Chair de poulpe

Ce quatorzième tome des Annales du Disque-Monde (quatorzième, comme dirait l'autre, ça ne nous rajeunit pas) est sans doute l'un des plus intéressants. Notamment grâce à ces fameux Elfes aussi indicibles que Hastur de Lovecraft. La fantasy populaire les imagine plutôt petits, ailés et taquins. Chez Tolkien, ils sont, au contraire, grands, beaux, puissants et forcément bons. Dans l'univers de Terry Pratchett où le plus grand séducteur du monde est un nain (Mécompte de fées), les bibliothécaires sont des singes (Le huitième sortilège), les Elfes ne pouvaient pas ressembler aux autres. Mais, pour une fois, Pratchett ne détourne pas la nature habituelle des Elfes en en faisant des personnages drôles. Dans Nobliaux et sorcières, les Elfes sont tout simplement effrayants, ce qui donne une atmosphère assez différente des autres volumes. Ce n'est ici pas l'humour qui l'emporte, même si on se gondole assez pour qu'on se croie à Venise, grâce notamment à l'arrivée des mages de l'Université Invisible, l'Econome et ses pilules de grenouille séchée en tête.

Robe de mariée et armure de reine

En conséquence, Pratchett en profite pour explorer des facettes inconnues des trois sorcières et développe ainsi la personnalité de ses personnages. On apprend avec stupéfaction que Mémé Ciredutemps a été jeune. Pis qu'elle a été courtisée et qu'elle a failli céder à la tentation, charnelle et spirituelle. En parallèle du côté fleur bleue de la sorcière la plus irascible du Disque-Monde, on découvre avec au moins autant d'étonnement que Magrat Goussedaille n'est pas qu'une idiote ingénue, mais qu'elle est faite de l'étoffe des sorcières et que sa robe de future Reine de Lancre cache en fait une armure résistante de défenseure du Royaume. Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, Nobliaux et sorcières est sans doute le livre le plus réussi de la Saga des Sorcières.

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