7/10Airframe

/ Critique - écrit par Jade, le 01/05/2005
Notre verdict : 7/10 - vol plané (Ecrivez votre critique)

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Airframe reste une oeuvre mineure de Michael Crichton, qui aura un peu souffert de l'après Jurassic Park. Si le succès ne fut pas au rendez-vous, du moins par rapport à ce que l'on était en droit d'espérer, la qualité est clairement là.
Se servant, à nouveau, d'un sujet d'actualité pour faire la matière de son roman, l'auteur nous présente deux personnages qui caractériseront chacun un aspect de l'histoire. Le premier est Casey Singleton, jeune femme divorcée, vivant avec son enfant, et travaillant dans une compagnie de construction d'avion. Tout éclate le jour où un de leurs appareils s'écrase à proximité de Los Angeles. Une enquête est aussitôt lancée pour connaître les raisons du crash, qui pourrait compromettre une vente importante si la sécurité des engins n'est pas vite démontrée.
C'est là que rentre en jeu Jennifer Malone, journaliste télé, qui a écho du crash par l'un de ses nombreux sous-fifres. Elle arrive à se procurer les images d'une caméra vidéo filmée par un des passagers de l'avion. Tenant là comme qui dirait, un scoop, elle décide de faire un reportage sur le crash.
Nous voilà introduits dans deux mondes qui n'ont rien en commun, si ce n'est d'être très peu connu du grand public, et sujets à de nombreux clichés.

Il serait peut-être un peut précipité de dire que Michael Crichton prétend ici apporter la lumière dans nos esprits de païens. Si, par le biais de ses deux personnages, nous pénétrons deux mondes décrits de manière très intéressante, il est clair que l'auteur à lui aussi des partis pris, notamment contre les médias. Et si il arrive à être très persuasif, en nous démontrant comment les médias de masse ne peuvent pas être objectifs, et comment l'information que nous absorbons tous les jours participe à abrutir la population au lieu du contraire. Quelle que soit la force des arguments employés, il n'empêche que Michael Crichton ne fait qu'exprimer son avis, un avis certes très instruit, mais que de nombreux éléments n'arrivent pas à légitimer, par exemple le personnage de Jennifer Malone, dépeinte comme une journaliste sans scrupule, pour qui la vérité se résume à un chiffre d'audience.
Reste le personnage de Casey, héroïne typiquement Crichtonienne, soit intelligente, jeune et rationnelle. Elle se battra pour mettre à jour les raisons du crash, grand mystère du roman, encore une fois éludé par une pirouette de l'auteur.

Crichton reprend de Rising Sun un élément qui deviendra récurrent à partir de Airframe. Il s'agit de l'aspect social de ses héros. Casey est une femme divorcée, et doit concilier son boulot très prenant avec un enfant à élever, tout en luttant contre la peur et la solitude. Si ces considérations permettent au lecteur de se sentir plus proche de Casey (toute proportion gardée, le lectorat ne limitant clairement pas aux jeunes femmes divorcées), il n'empêche qu'elle reste trop fictive pour sembler crédible. Les personnages de Michael Crichton sont trop peu vivants pour accrocher le lecteur ; contrepartie, peut être, de l'aspect si technique de ses romans. Les connaisseurs nous feront remarquer que les derniers romans du Maître sont très peu scientifiques par rapport à d'autres, et que les personnages n'en sont pas moins plats comme des images. Ceci nous conduirait donc à conclure que Crichton est juste mauvais à ce niveau.

Triste constat qui ne nous empêchera pas d'apprécier Airframe à sa juste valeur. Une histoire intéressante, rondement menée, et bien sûr, un sentiment d'être moins bête après la lecture, ce qui reste à mon avis et malgré tout, le principal attrait des romans de Michael Crichton sur son public, tout le reste n'étant que pure décoration.

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