9/10A l'Ouest rien de nouveau

/ Critique - écrit par CBL, le 09/12/2003
Notre verdict : 9/10 - Pas besoin de balles pour faire mal (Ecrivez votre critique)

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Pour aborder un sujet aussi douloureux que la guerre de 14-18, on peut employer de nombreux moyens. Un qui semble être privilégié demeure le journal intime ou le recueil de pensées de quelqu'un d'imaginaire. Dans Le Journal D'Adèle de Paule Du Bouchet, on suivait l'adolescence d'une fille restée à l'arrière pendant que ses frères et parents allaient se faire tuer. Erich Maria Remarque choisit d'aborder la guerre en nous faisant vivre les pensées et le quotidien d'un simple soldat allemand que rien n'avait préparé à cette boucherie.

Avec lui, nous vivrons tout de cette atrocité : l'entraînement inutilement rigoureux, les brimades des officiers, l'agonie d'un camarade, la convalescence à l'hôpital, la fausse joie des permissions, les plaisirs simples... et bien sûr l'horreur des combats décrits avec une froideur et un réalisme effarant. Ce fut une sale guerre où on creva salement, saignant comme un porc dans la boue après avoir récolté un shrapnel ou vomissant ses poumons après avoir ingéré du gaz. Ce fut une sale guerre où on envoya des recrues à peine enrôlées directement à l'abattoir qui deviennent folles rien qu'en entendant les canons incessants.

Notre soldat ne comprend pas cette guerre absurde mais nous lisons ses réflexions et celles de ses camarades. Qui y gagne dans ce massacre ? Qui l'a voulu ? Ceux d'en face ne sont pas des ennemis mais des obstacles à la vie qui veulent tout autant s'en sortir. Les seuls ennemis sont les généraux aveugles qui daignent se montrer de temps en temps sur le terrain. Face à tout cela, les soldats d'une même compagnie sont plus que des amis, plus que des frères. Et pourtant il faudra aussi les voir mourir. La mort rôde sur tous ceux qui s'approchent des batailles. Même si on lui échappe, elle a quand même gagné car on ne peut revenir à la vie après cela. Nous, les lecteurs, n'en ressortons pas indemnes surtout après ce que nous inflige l'auteur dans les derniers chapitres. Sa lecture suffit à rabattre les instincts guerriers et à rendre pacifistes les plus militaires d'entre nous.

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