8/10Il a jamais tué personne, mon papa

/ Critique - écrit par Kei, le 10/10/2006
Notre verdict : 8/10 - Le mien non plus. (Ecrivez votre critique)

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Un matin, très tôt, maman est venue dans ma chambre. Elle m'a dit : "Je crois que ton père est mort"
Je me souviens, j'ai dit : "Encore..."

Il existe des petits livres que l'on aime tellement qu'on veut les faire lire. On sait qu'ils plairont à tout le monde, on sent qu'il ne peut pas en être autrement. Il a jamais tué personne, mon papa fait partie de ceux là. Jean-Louis Fournier nous y raconte son père à travers une cinquantaines d'anecdotes. Un père médecin, alcoolique, fumeur, mal habillé, pauvre, et mort. Mort à 43 ans, alors que l'auteur avait 15.

Tout comme Les mots des riches, les mots des pauvres, ce petit livre est constitué de chapitres d'une page. Chacun d'entre eux raconte une anecdote de l'enfance de l'auteur. Le ton ne change pas, le style non plus. Jean-Louis Fournier écrit dans un style enfantin, fait de phrases très courtes, s'enchaînant à la manière des idées qui traversent la tête du gosse qu'il était. Un style qui repose sur un sens de la formule assez exceptionnel, qui nous arrache régulièrement des grands éclats de rire. Les associations d'idées, la façon qu'a l'auteur d'analyser les événements font de ce petit livre un excellent remède contre la mauvaise humeur. On le lit livre d'une traite, en moins d'une heure, avec un sourire aux lèvres. Un vrai bonheur.

Mais n'allez pas penser que ce livre n'est que comique. C'est avant tout un hommage à un père disparu, un hommage très touchant, très humain. Un hommage à un homme qu'en grandissant il a fini par comprendre. La fin est particulièrement poignante, mais on est ému durant tout le récit. Car c'est un vrai drame que raconte l'auteur, celui d'une famille mise à mal par des gros problèmes d'argent et de boisson.

Jean-Louis Fournier mélange ces deux aspects du livre avec beaucoup de finesse, qu'un court exemple illustre bien mieux que toutes les analyses du monde :
Papa, il s'ennuyait pas à Lourdes.
Le jour, il faisait les processions avec les malades, les prières à la grotte, il chantait des cantiques.
Le soir, il retrouvait ses copains, et toute la nuit, ensemble, ils chantaient, pas des cantiques, et ils buvaient, pas de l'eau de Lourdes.

Il a jamais tué personne, mon papa est un livre à lire absolument. Drôle et touchant, il ravira absolument tout le monde.

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