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7.5/1080 notes de jaune - Vina Jackson

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 03/05/2013
Notre verdict : 7.5/10 - Un archet et des cordes. (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

On ne peut pas dire que le titre fasse de mystères ! 80 notes de jaune, des chiffres et une couleur, ça rappelle quelque chose au lecteur. Et les deux auteurs – un homme et une femme - qui ont pris le pseudo commun de Vina Jackson ne s’en cachent pas : l’écriture de 80 days yellow a germé au départ pour aller à contre-courant du sexe plutôt sage de Fifty shades of grey mais également ses personnages à la psychologie quasi-rétrograde.

Ce premier volet d’une trilogie à venir raconte l’histoire de Summer et Dominik – un prénom lourd de sens ! – dans la ville de Londres. Summer, violoniste plus à l’aise en vieilles doc martens et jean délavé qu’en jolie robe et talons hauts est arrivée depuis quelques mois de Nouvelle Zélande et végète dans une relation rigide et ennuyeuse. Son petit salaire de violoniste ne lui permettant pas de vivre au-dessus de ses moyens et désirant jouer avant tout ce qui lui plait, Summer s’installe souvent dans le métro avec son instrument pour gagner quelques livres sterling supplémentaires. Un jour, suite à une bousculade entre supporters de foot particulièrement en forme, elle voit son violon se briser à terre. Plus que son gagne-pain, c’est une relation bien particulière avec un objet très personnel qui disparait. Summer ne sait pas encore que dans la foule, elle a été repérée par Dominik, professeur d’université dont l’apparence calme et policée cache quelques secrets. Et qu’il va tout faire pour retrouver la jeune femme qui l’a ainsi marqué en jouant ainsi du violon comme si le monde n’existait plus autour d’elle…

La première bonne surprise du livre tient essentiellement à ses personnages, sacrément bien troussés et construits. Summer, s’il fallait vraiment la comparer à Anastasia Steele, serait plutôt à ranger dans la catégorie des vierges folles. Rouquine flamboyante qui n’hésite jamais à se masturber ou faire l’amour quand elle en a envie sans pour autant passer pour la banale nymphomane de romans érotiques, elle a de surcroit un caractère curieux, volontaire et bien trempé : quand elle suit quelqu’un c’est qu’elle l’a décidé et il est agréable de la voir déjouer les clichés de ce type de romans avec bonheur – même si la volonté de prendre leur contrepied est parfois trop insistante. Ce plaisir de lecteur tient aussi au procédé même de l’écriture, qui alterne les chapitres écrits à la première personne pour Summer et ceux à la troisième personne pour Dominik. Appartenant respectivement à l’auteur féminin et à l’auteur masculin, ils offrent une richesse de ton et de point de vue plutôt bienvenues, d’autant que ce Dominik-là n’a rien à voir avec l’image du dominant impénétrable qui arrive drapé de mystère et s’enfuit comme il est venu : c’est un être incarné du début à la fin, qui aime surtout le jeu et a le goût de la mise en scène, pas de la performance et qui est sensible aux désirs de celle qu’il convoite. Cela donne lieu à des séquences propres à électriser l’imaginaire notamment la proposition première de Dominik à Summer pour mériter son nouveau violon : jouer nue pour lui dans des conditions très particulières… On n’en dira pas plus, mais le premier tome de cette future trilogie remplit ses promesses, d’autant que la passion découlant de la rencontre de ces deux fortes têtes reste naissante et ouvre sur de multiples possibilités... La présence de nombreux personnages secondaires particulièrement bien campés - Charlotte la plus proche amie de Summer, strip-teaseuse forte tête ou Victor, un ami de Dominik, versant sombre et pervers du dominant qui vampirise Summer - qui complètent la richesse de l'ensemble.

Ecueil, le texte ne brille pas par son style, qui va strictement à l’essentiel : l’ensemble manque parfois de finesse et aurait mérité de prendre son temps dans le déroulement de l’intrigue qui ressemble parfois à une véritable course pour caser le maximum d’effets dans le minimum de pages. Ce n’est cependant pas assez pour nuire à l’ensemble, d’autant qu’il a été écrit par deux personnes dont on sent que c’est le métier. Terminons sur une dernière info pour ceux qui s’interrogent sur ce jaune du titre : il s’agit de la teinte dominante du violon offert par Dominik à Summer, un instrument qui en vient à palpiter comme un être de chair et de sang…

Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Angela Morelli

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