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8/1080 notes de bleu - Vina Jackson

/ Critique - écrit par C.Saffy, le 25/10/2013
Notre verdict : 8/10 - Deep Blue. (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Enfin une trilogie érotique qui tient la distance!

Après le jaune, c’est donc le bleu qui est à l’honneur dans ce deuxième tome de la trilogie 80 notes où nous retrouvons le couple Summer/Dominik. Le bleu est généralement la couleur qui désigne une forme de pureté, d’uniformité ; mais pour ces deux-là, on sera plus tentés ici de parler du blues, l’expression anglo-saxonne « I feel blue » n’étant pas loin quand on découvre la suite de leurs aventures dans ces 80 notes-là.

Si Dominik et Summer vivent désormais tous les deux à New York, leur vie ensemble est loin d’être une succession de roucoulades et de jours paisibles. La carrière de violoniste de Summer prend de l’ampleur et la jeune femme se révèle moins disponible pour Dominik, préférant même garder son appartement en colocation plutôt que d’emménager avec lui… Dominik lui-même est très occupé par l’écriture de travaux universitaires, et peine à prendre le temps de s’occuper de la relation – hormis de courtes escapades à la Nouvelle-Orléans ou des sorties au restaurant. Leurs caractères respectifs – fière et intransigeante pour elle, taciturne et souvent secret pour lui – s’accordent puis se désaccordent au fil des pages, dans le grand loft loué par Dominik, qui devient le théâtre d’une relation qui trouve difficilement ses marques. Leurs emplois du temps étant ce qu’ils sont, Summer ne résiste pas à l’envie de découvrir d’autres horizons sexuels. Elle s’inscrit dans une Ecole des cordes où elle apprend le bondage avec Cherry Bangs, danseuse burlesque tout en léopard et cheveux roses, flirte avec son chef d’orchestre et se satisfait de moins en moins des silences de Dominik.

Si le premier volume de la trilogie 80 notes posait les bases de son univers, il ne permettait pas de s’immerger complètement dans l’histoire de Dominik et Summer, qui passent beaucoup de mois à s’apprivoiser et se découvrir au fil des pages. Ceux qui s’attendent donc à un apaisement ou un rythme de croisière ici en seront pour leur frais ! La route est encore longue pour que les deux personnages s’accordent. Le premier chapitre n’est d’ailleurs pas une lecture très agréable tant il est mal écrit : heurté, pénible, il avance par à-coups, rien n’y est naturel… Au point de se demander si on va continuer. Au point de penser que les promesses de 80 notes de jaune ne pourront pas être tenues. Et puis l’histoire se délie, l'écriture s’assouplit, avance en douceur, et retient finalement le lecteur. Si Summer et Dominik passent peu de temps ensemble, on apprend malgré tout à les découvrir l’un et l’autre bien plus que dans le premier tome qui faisait surtout office d’introduction. Qui sont-ils sexuellement et sentimentalement et d’où viennent-ils ? Ces 80 notes de bleu apportent enfin des éléments de réponse : le voyage de Summer en Nouvelle-Zélande pour voir sa famille et l’émoi en revoyant ce prof dont elle était éprise plus jeune ou l’exploration personnelle de Dominik par rapport à son ambivalence sexuelle et D/s.

Les personnages secondaires, trop souvent esquissés ou peu présents dans le tome précédent – il fallait laisser de la place à cette histoire d’amour naissante – prennent ici leur envol et perdent leurs aspects caricaturaux pour exister à part entière. Parmi les plus attachants, la violoncelliste Lauralynn – payée par Dominik pour accompagner Summer lors de son concert très privé dans le premier tome – qui devient ici son amante. Cette jeune femme si énergique, joyeuse et bondissante qui peut enlever Dominik en moto pour l'emmener en virée, donnerait presque envie au lecteur de lui voir voler la vedette à Summer l’insatisfaite… Victor, dont on se rappelle comme l’immonde salaud de 80 notes de jaune, s’il n’a rien perdu de son goût des manigances perverses gagne ici en densité : il n’est plus que cette figure archétypale du connard qui cherche à briser le couple, il est un être dont l’hédonisme à tout crin prend des allures très inquiétantes et retorses.

Pêchant toujours dans le style d’écriture – direct et efficace et parfois trop – 80 notes de bleu est néanmoins bien meilleur que son prédécesseur, qui lui-même tranchait déjà agréablement avec la purge que représente 50 shades of Grey. Les auteurs – car rappelons que Vina Jackson est le pseudonyme de deux écrivains qui écrivent cette trilogie à quatre mains – ont réussi à trouver le bon rythme, et faire preuve d’assez de subtilité dans leur approche des scènes érotiques et sentimentales, pour nous donner envie de lire les 80 notes de rouge dont la sortie est prévue en novembre 2013 – toujours chez Milady.

L'ouvrage est traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Angéla Morelli.

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