4/10007 - Le Diable l'emporte

/ Critique - écrit par Nicolas (), le 04/08/2008
Notre verdict : 4/10 - Devil May Cry (Ecrivez votre critique)

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Faulks ramène James Bond à la vie, pour célébrer le centenaire de la naissance de son créateur. Un revival plutôt raté, en dépit de quelques idées intéressantes...

Si la sortie de Devil May Care (titre VO, merci Krinein) fut loin de s'être déroulée sans fioritures, ne tombez pas dans le panneau, ce n'est pas un « retour » au sens propre, puisque l'agent secret de sa majesté a, depuis la mort de Ian Fleming en 1964, fait l'objet de plusieurs autres romans édités par les héritiers de la famille. La vraie « nouveauté » de la version de Faulks, est que celle-ci reprend les aventures de James Bond là où son créateur avait bien malgré lui passé la main, c'est-à-dire à la fin des années 60, en pleine guerre froide, alors que les romans posthumes traitaient d'une période plus contemporaine.

Difficile alors pour la « jeune » génération de reconnaître leur héros, devenu davantage un personnage de fiction cinématographique. Les épisodes récents adaptés au cinéma n'arrangent rien : James Bond y est devenu un molosse baraqué qui joue des poings plutôt que de son intellect. Le décalage avec le personnage décrit par Fleming et par Faulks est donc violent, celui-ci se rapportant davantage à un gentleman anglais parfois un peu miteux et bien loin de l'assurance dont il est censé se doter.
Un trait commun persiste : son attirance pour les belles femmes. Faulks y rend hommage en opposant à Bond un bout de femme sans grande personnalité, à l'image des plus fadasses représentantes féminines décrites dans les précédents aventures. Etrange que la relation qu'ils vont entretenir soit plus sentimentale que ce à quoi on pourrait s'attendre, et conserve une apparence politiquement correcte.
L'ennemi est dans la veine des grands méchants de la série Bond : atypique et fou à lier. Julius Gorner veut évidemment renverser l'ordre mondial, le contraire serait étonnant, et possède une caractéristique physique assez étonnante : une « main de singe », planquée sous un gant blanc démesuré. L'adversaire est à la mesure de l'agent, tout comme l'horrible homme de main asiatique apparemment imbattable.

Si Fleming avait su instaurer une ambiance particulière dans ses romans, Faulks en demeure constamment à des kilomètres. Rien n'est original, rien n'est trépidant, rien n'est décisif pour l'histoire de James Bond. Pourtant, quelques idées surnagent et auraient gagné à être mises en valeur de plus belle façon, comme ce duo de méchants (Gorner et son homme de main Chagrin), très représentatif de l'univers un peu décalé de l'agent secret de Sa Majesté, et une partie de tennis aux enjeux bien plus importants qu'il n'y paraît. Mais l'ensemble reste assez peu passionnant et très cliché, comme si Faulks avait prélevé des morceaux dans toutes les histoires d'espionnage qu'il connaît et essayé d'en faire une nouvelle. Le dénouement est à cette image : le twist est plus ou moins cohérent, mais ne sert indubitablement à rien, le résultat serait le même sans.

Bref, Le Diable l'emporte constitue un come-back de qualité très discutable, surtout pour l'amateur des œuvres cinématographiques, pour le coup plus intéressantes. Peut-être une adaptation au cinéma révèlerait-elle une potentiel insoupçonné ? Quoi qu'il en soit, autant s'attaquer directement aux œuvres écrites par Fleming himself, vous aurez au moins l'assurance d'avoir le personnage original entre les yeux.

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